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À nos amis…

Je me suis dit, en commençant cet article, que ça devait être facile. Que de parler de ses amis, c’est ce qu’il y a de plus naturel. Même que parler de mes amis doit être mon sujet de conversation préféré. Quand je parle à quelqu’un, il est impossible que je ne mentionne pas au moins une fois un de mes amis. Je parle d’un tel, alors qu’il n’est pas avec moi et lorsqu’il l’est, je lui parle d’un autre.

En fait, je me trouve un peu mémère. Mais je suis atrocement fière d’être amie avec des individus aussi formidables que sont les gens qui m’entourent. Je ne niaise même pas; j’ai tellement d’admiration pour ces personnes que j’ai la chance de compter dans mon cercle proche que ça me fait mal. Elles me font grandir. Elles me prêtent un nouveau regard sur le dehors. Et je m’approche un tout petit peu de la version idéale de mon moi.

Alors merci.

Merci d’exposer à nu, d’exhiber, de me partager ces blessures qui donnent une force inouïe, une force stoïque qui m’a sauvée, telle une immense vague de calme s’abattant sur le chaos du quotidien futile.

Merci d’accepter le silence, le beau, le doux silence, celui qu’on retrouve entre nos deux visages, celui qui s’installe sur le bout de la ligne, celui qui nous envahit et nous réchauffe quand on se quitte.

Merci de me faire croire à l’infini, de me faire croire qu’il n’y aura que des lendemains, toujours une deuxième chance, une autre occasion de se reprendre,

Merci de m’aimer, de me faire croire que je mérite votre amour, ou l’Amour tout court; peut-être, un jour, que je vais m’aimer, moi aussi.

Je ne sais pas si je suis la seule, mais parfois, je me sens comme « pleine » d’amour. C’est comme si j’étais remplie d’un amour qui ne demanderait qu’à être redonné à son propriétaire. C’est peut-être pour ça que je parle toujours et tout le temps de mes amis, de ces gens qui m’ont inondée d’une affection gratuite, d’une affection qui semble sans bornes.

Je croyais que ça allait être simple d’écrire quelque chose sur mes amis. Ça s’est avéré beaucoup plus difficile. J’ai toujours la même question qui trotte dans ma tête : suis-je vraiment digne de tout l’amour que je reçois? En fait, je ne le sais pas trop, si je le mérite. D’ici à ce que je connaisse la réponse, il ne me reste qu’à aimer, inlassablement, inconditionnellement, à retourner cette chaleur à toutes ces sources incandescentes… Autant mettre toute les chances de son côté, pas vrai?

En écrivant ces lignes, je suis constamment envahie par le même questionnement : quand est-ce qu’on est assez digne pour recevoir autant d’amour?

Je ne crois pas être capable de trouver la réponse à ma question.

annesophie

Anne-Sophie Lê

marieandreecaron

Source

One thought on “À nos amis…

  1. Toute personne, quelle qu’elle soit et qu’elle ait fait ou pas est digne du plus grand amour. Parce qu’elle incorporera lentement cet amour en elle, se regardera avec plus de bienveillance et de compassion. L’effet halo sur les autres est derechef plus puissant. L’amour ajoute à l’amour du monde. Merci pour ce beau texte.

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