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Noël profondément

J’ai 16 ans, je suis malade dans le piton. Aller fêter Noël dans ma famille, c’est trop demandant. Mon père est resté avec moi à la maison, c’est notre deuxième Noël en tête à tête. On mange un repas comme tous les autres de l’année, on regarde des films qui passent à la télé dans nos pyjamas et je me couche assez tôt. Le lendemain matin, on s’habille chaudement, on embarque dans la voiture et on se rend dans le Vieux-Québec. La neige tombe comme dans un des films quétaines qu’on a regardé le soir d’avant. On marche un peu, les rues sont presque désertes. Je n’ai jamais vu aussi peu de personnes dans le Vieux. On se retrouve sur la terrasse du Château Frontenac; un tapis blanc recouvre la ville, on entend des passants parler toutes sortes de langues. La vue est belle, le temps est suspendu.

Le temps est suspendu parce que j’ai placé ce Noël dans une boule à neige. Je l’ai mis là parce que même si on n’était que deux pour fêter, ça a été un Noël des plus réconfortants. Mon père était là, il me regardait avec son regard de papa plein d’amour. T’sais le regard qui te dit à quel point son amour n’a pas de limites, que tu es vraiment la prunelle de ses yeux. J’ai toujours su que mon père allait être là peu importe ce qui se passerait, mais là, je l’ai vécu. Ça lui passait dix pieds par-dessus la tête qu’on n’aille pas fêter avec la grande famille comme d’habitude. Et au travers de mes souvenirs pas toujours joyeux de ces années plus difficile, il y a ce Noël-là qui a été d’un réconfort immense.

On a l’impression que Noël se doit d’être grand, plein de cadeaux et avec une table remplie de beaucoup trop de bouffe. Mais finalement, on a tendance à oublier les valeurs qui font de cette fête ce qu’elle est. J’ai beau ne pas être certaine de croire en la religion, je fête quand même l’arrivée de Jésus, parce que mes racines sont imbibées de chrétienté et ses valeurs sont à la base de mon identité. Je n’irai pas communier à l’église, mais je célébrerai l’amour, la famille, les amis, je prendrai le temps d’apprécier ma chance et je tenterai de faire preuve de charité dans la mesure de mes moyens.

Ce Noël simple avec mon père m’a fait éprouver les valeurs de cette fête plus profondément. Parce que Noël, c’est l’amour. Faudrait pas l’oublier.

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Par Camille Bouchard

marieandreecaron

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