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La facilité d’accès aux drogues

Il y a quelques jours, la fondation Jean Lapointe, engagée dans la lutte contre la toxicomanie, a lancé une publicité choc concernant la facilité d’accès aux drogues. En moins de 5 minutes, les quatre jeunes des différentes régions ont pu se procurer du cannabis et de la cocaïne. Ils n’ont même pas eu à chercher; il s’en sont même fait offrir – OFFRIR.

On a un problème, un gros. Les parents n’ont pas tort de s’inquiéter de voir leurs enfants sortir dehors – personne ne veut un avenir de consommation pour son enfant. Le sujet me touche, beaucoup – c’est peut-être à cause de mon expérience, du fait que j’ai un petit frère et une petite sœur ou en raison de mon domaine d’étude – ou peut-être que la situation est inquiétante, point.

Faire une expérience de consommation c’est correct. T’as le droit de vouloir tester ton cerveau et ses réactions ; ça t’appartient. Consommer de temps en temps dans un party, ça t’appartient aussi. Ça t’appartient d’essayer ou de t’accrocher, mais personne ne devrait t’en offrir dans la rue, au skatepark ou même dans ton école secondaire. À ce moment-là, ça ne t’appartient plus. On te joue dans la tête, comme si tu n’étais pas déjà assez exposé au monde de la drogue.

Maintenant, ton devoir, c’est de te protéger. Prendre tes décisions toi-même, refuser quand on t’offre de la coke dans la rue pis, si jamais tu dis oui, pense aux conséquences. Tu ne connais pas la personne qui t’as vendu ça et, même si tu la connaissais, elle pourrait t’avoir vendu n’importe quoi. Crois-moi, l’expérience parle.

J’vais donc essayer de te convaincre de faire le bon choix pour toi et ta santé.

J’vais te dire de te tenir loin et que si, quand tu sors de chez toi, on t’harcèle pour te vendre de la drogue, il y a des moyens de refuser sans « avoir l’air straight » ou sans se faire battre. Je sais qu’à l’adolescence, ce n’est pas facile de dire non, que le regard des autres sur nous est une pression et que tout ce que l’on veut, c’est avoir l’air « comme les autres. » Je le sais :

  • ne traîne pas d’argent liquide ou affirme que tu n’en a pas ;
  • retiens les endroits où tu as croisé des gens qui en vendaient et essaie de les éviter ;
  • va voir un adulte de confiance (je sais, à l’adolescence ce n’est pas l’option la plus tentante, mais c’est pourtant la meilleure) et explique-lui ton inquiétude ;
  • refuse tout simplement en disant que ça ne t’intéresse pas ;
  • ou ne réponds pas.

Bâtis-toi un monde loin de l’envie de consommer. Occupe-toi et sois actif. Plusieurs moyens et ressources sont là pour t’aider. En voici quelques-uns :

  • aie une passion et implique toi dans celle-ci, que ce soit un sport, un art, la cuisine ou tout autre chose qui puisse t’intéresser ;
  • parle de consommation avec tes parents, que leur opinion soit claire et que tu la comprennes bien. Informe-toi avec eux sur les impacts de la consommation et même sur les raisons ;
  • implique-toi auprès d’un organisme de jeunes qui luttent contre la toxicomanie comme DeFacto ;
  • côtoie des jeunes qui ne consomment pas et qui partagent tes valeurs.

Je ne t’énumèrerai pas toutes les conséquences néfastes à court, moyen et long terme de la consommation sur une vie. Tu en connais déjà une bonne partie et je n’ai pas envie de te prendre par la peur. J’ai envie que le choix, tu le prennes en raison des aspects positifs sur ta santé/ta vie de la non-consommation, et non par peur des côtés sombres.

Selon l’Enquête québécoise sur le tabac, l’alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire de 2013, la consommation de drogue chez les jeunes est en baisse depuis le début des années 2000. On parle de 43% en 2000, pour 24% en 2013 – il y a du beau travail qui se fait. Ceci dit, nous devons impérativement continuer la job de prévention qui est en cours à grande échelle. On doit se donner les moyens de contrer la toxicomanie, particulièrement auprès des jeunes, car ils sont les adultes de demain.

Bref, je veux que tu saches que j’ai peur pour toi. J’ai peur que quand le/la jeune bum du coin t’offrira un joint ou une pilule, tu ne sauras pas quoi répondre. J’ai peur que tu figes et que tu dises quelque chose que tu n’as pas vraiment envie de dire.

J’veux juste que tu saches que des options, il y en a plein d’autres et que personne ne va t’en vouloir si tu leur dis : « Il y a d’la drogue qui se vend au parc, je n’aime pas ça». T’as le droit de dénoncer, t’as le droit de vouloir te protéger, toi et les autres.

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Par Annie-Claude Bergeron

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Élodie Dugat

Source photo de couverture

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