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Pis ta maîtrise… ça avance?

On le sait tous, le temps des fêtes, c’est les réunions de famille, les retrouvailles d’amis, les rencontres festives, les bons souhaits, le pain sandwich, le champagne, pis les questions comme : pis les études?

Sous la page blanche, rien de nouveau… Ben j’écris sur la même affaire que l’année passée. C’est en général ce qui revient comme réponse. C’est un long processus. Ça m’arrive bien souvent d’avoir à relire des livres que j’ai mis dans ma bibliographie y’a un an. Je passe mes journées à me dire que c’est donc ben difficile de faire son horaire soi‑même. Je me sens coupable quand je fais la vaisselle ou quand je fais à manger parce que je suis en train de faire « autre chose », alors que j’écoute quand même pas mal de séries sur Netflix (mais chut). Faut s’aérer un peu. Ça doit faire deux ans que je n’ai pas lu un roman pour le fun, que je n’ai pas lu de quoi sans surligneur. C’est épuisant être à l’affût.

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Ces temps-ci, je suis entourée d’amis en fin de session. Stressés, en crise, sul bord d’un possible gouffre. Je ne peux pas m’empêcher de faire ma vieille sage en disant que moi je n’en ai pas. Mais plus j’y repense, plus je me dis que ce n’est pas vrai au fond, je suis en fin de session tous les jours. Si je sors prendre une bière, faut que je reste sobre pendant trois semaines après. Si je me lève à midi, faut que je me sois couchée vers deux heures du matin parce que je lisais quelque chose de donc ben pertinent. Des genres de règles de même. Que non, je ne suis pas à la lettre, mais qui me rendent tout le temps ben coupable.

Je m’empêche de faire tellement de choses à cause de mon mémoire. Des fois je voudrais juste tout crisser là pis partir fêter Noël à Jérusalem. Tout arrêter un an, me pogner une job quelque part pis faire de l’argent. Un mot qui n’appartient plus vraiment à mon vocabulaire…

J’écris live ce billet-là pis je me sens mal de ne pas être en train de lire une monographie sur la polyphonie narrative.

Sauf t’sais, pour s’en sortir, pis voir la lumière de Noël au bout du tunnel, faut se permettre des moments comme ceux-là. Qui nous font plaisir. Une amie à la maîtrise me disait récemment, des fois, quand je vais au théâtre, faut que je me retienne pour ne pas me lever pendant la pièce pis me mettre à crier. Je me suis reconnue là-dedans. Dans le besoin de sortir de sa tête, dans le, je-regarde-un-film-mais-je-pense-à… Dans le, je-sors-boire-une-bière-mais-je-pense-à… Pas capable d’avoir trop de fun sans ressentir de culpabilité. C’est ce genre de pensées qui ne nous permettent pas de décrocher.

J’ai l’air de haïr ce que je fais, ce qui est faux. J’aime ça. Mais je vois plus le bout. Et oui, il y a quelque chose d’une obligation dans le processus. Mais il faut s’armer de patience, je sais bien que beaucoup ressentent exactement le même sentiment… Mais ce qu’il faut surtout éviter de faire, c’est de se comparer aux collègues qui ont déjà fini! Les maudits. Les astis de maudits!

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ArianeLessardrondAliceArsenaultrond

Crédit photo de couverture : Kaël Mercader, artiste de Québec, qui peint avec le programme Paint. Pour le suivre sur sa page Facebook, c’est ici!

One thought on “Pis ta maîtrise… ça avance?

  1. Ça fait deux semaines que j’angoisse à l’idée des Fêtes parce que j’ai pas le goût d’expliquer où j’en suis dans mon mémoire. Ton billet m’a fait du bien, merci! 🙂
    Joyeux Noël!

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