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Mon monologue intérieur

Je suis en constante crise narrative avec moi-même. Et aussi bien vous le dire franchement, j’ai le monologue intérieur très fort.

Ce qui n’est pas mal en soi – j’imagine. Une déviance de plus ou de moins que m’aura laissée le théâtre. Faute de public, j’aime bien être mon seul auditoire.

Ça a tout de même ses avantages – parfois. Celui, forcément, de se sentir moins seule. De me redonner un coup de peps, de confiance quand je suis en manque. Et ces quelques fois – menteuse! – où je tente de regagner le dessus sur mon anxiété.

C’est là, toujours dans ce lot d’évidences que tout devient si opaque. Dans ce quelque chose d’indéfini entre la panique, la solitude, et une extrême conscience.

La crise, quoi!

Blablablablabaaaaa.

J’entretiens avec moi des conversations sans fin, des conversations que j’aurais dû finir avec un collègue, je reprends mot pour mot la dernière phrase d’une de mes amies en voulant en décoder tout le sens.

Le pire : quand je me dis que j’aurais donc dû y dire ça à la place, que j’aurais donc eu l’air plus ci ou plus ça, toujours – sans cesse – à vouloir retravailler l’image que je donne de moi-même dans mes discours.

Combien de fois par jour? Minimum 100 fois. Maximum? Chaque fois que j’ouvre la bouche.

Aussi bien dire que, chaque jour de ma – très peu – sainte vie, je m’inonde d’un bruit intérieur, d’une fureur qui a toujours ma voix. Tous les jours, je me noie de mes propres paroles. Ça me traverse de bord en bord.  

Tranquillement, j’essaie de le changer. De transformer mes « j’aurais donc dû », pour des « laisse faire câlisse, décroche pis avance ». Ou quelque chose comme ça. Y’a des jours, oui, je sacre fort en dedans de moi. Pis ça me fait du bien de m’envoyer chier, de me trouver un peu conne de trop angoisser, de paniquer.

C’est un truc comme un autre, très troisième degré – on a l’humour qu’on peut.

Tranquillement, j’essaie de changer ça pour de l’autosuggestion, question de préparer la suite, l’avenir et de laisser le passé derrière moi.

Des fois, j’me dis aussi que je devrais juste plus dormir. Moins boire de café – OK, plus de décaf! – et manger mieux, parce que tout ça, au bout du compte, ça joue aussi sur mon humeur. Plus je suis reposée, plus je suis libre, plus dans mon corps et moins – beaucoup moins – dans ma tête.

Au bout du compte, de changer ma voie intérieure, quand je sens qu’elle dérape, qu’elle prend trop de place et qu’elle en mène un peu trop large, ça passe surtout par en prendre conscience – encore un degré de conscience?

Comme un sport extrême.

Soyez prudentes, les Crépues. On est trop souvent notre plus grand danger!

EmmanuelleBelleaurondannemariebilodeaurond

Photo de couverture : source

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