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2016 aux égouts : revue du Bye Bye

Il suffisait de se promener sur les réseaux sociaux dans les dernières heures de 2016 afin de conclure que la dernière année aura été éprouvante pour une vaste majorité de gens. Les fervents des réseaux sociaux, quant à eux, auront eu droit à un dernier cri du cœur avant de se « selfiser » jusqu’à en vomir leur verre de champagne. Concept de la soirée : mettre ses plus beaux habits pour patauger une dernière fois dans son caca.

C’est un peu la mission du Bye Bye, sorte d’immense bécosse nationale où on tire la chasse collectivement sur le plus beau et le plus laid des 365 derniers jours. Après l’élection présidentielle, les attentats terroristes et le décès de plusieurs artistes ayant marqué une génération, il y a fort à parier qu’un siphon risque d’être nécessaire afin de faire passer le beau tas que 2016 nous a légué en cadeau.

La grosse machine dangereuse mais bien huilée de Radio-Canada a, une fois de plus, connu un charivari dans les coulisses. Nouveaux réalisateurs, nouveaux comédiens, nouvelle formule, nous avait-on promis. Pour le meilleur et pour le pire, il sera difficile de trancher puisqu’il est impossible de satisfaire quatre millions de personnes en même temps. Analyse du Bye Bye 2016.

Pas de grand numéro d’ouverture aux effets spéciaux d’envergure, première grande différence avec l’an dernier. Une série de petits sketchs très courts sur le quotidien de Donald Trump à la maison blanche ouvre l’émission. Efficace, abrégé et imagé, Anne Dorval en Melania Trump vaut déjà le détour. « Minouuuuuuuuuu, viens grabber ma pussy!!!! »

Le segment le plus fort de la soirée illustre la saga du PQ dans une parodie du Trône de fer complètement délicieuse. PKP se marie pour le pouvoir, Julie Snyder se victimise dans les médias, Alexandre Cloutier et Jean-Francois Lisée se disputent le titre et Martine Ouellet revendique le droit d’exister. Les couteaux volent bas, les caricatures font mal aux abdominaux, mais croyez-moi, pas autant qu’à l’égo des principaux intéressés.

La parodie de Dans l’œil du dragon devient également un incontournable de la soirée grâce à l’imitation absolument parfaite d’Anne Dorval en Danièle Henkel. La comédienne continue sa lancée en parodiant la première dame du Canada, Sophie Grégoire, et son tristement célèbre numéro de fredonnement malaisant et inopportun. On la voit ouvrir sa propre école de chant et ses élèves reviennent sporadiquement au cours de l’émission en chantonnant sa complainte.

On nous amène à tirer une même conclusion quand vient le temps de comparer Éric Salvail au programme de la CAQ; ils sont vides et sans contenu. Critique un peu sévère pour l’animateur et producteur, qui pourra toutefois se consoler avec la parodie Les recettes Garlo, tout à fait désopilante.

Je n’ai pas été le seul à saigner des oreilles en regardant La Voix Junior, où on voyait des enfants avec un talent souvent limité chanter des chansons hautement inappropriées. Le Bye Bye n’a pas eu besoin d’en faire beaucoup afin de parodier l’émission qui, plus souvent qu’autrement, le faisait avec un naturel alarmant.

Somme toute assez efficace, le Bye Bye a connu quelques ratés. On aurait pu faire une meilleure utilisation de la parodie de Célibataires et nus, bien que le clin d’œil à Safia Nolin était bien pensé. Justin Trudeau en Mary Poppins ne marchait simplement pas et le deux minutes que l’on a réservé à la génération Y manquait de pertinence. À ce sujet, on devrait laisser Like-moi se moquer des milléniaux, ils le font à la perfection.

Aucune controverse à l’horizon. Les Noirs ont été joués par des Noirs et on n’a pas touché à l’intouchable petit Jérémy. Clin d’œil de dernière minute à la dispute entre Martin Matte et Guillaume Wagner. Mention spéciale à Véronique Claveau qui chante aussi bien qu’elle imite. Toujours pratique d’avoir une chanteuse professionnelle dans une émission de ce genre. Sa version d’Hillary Clinton qui reprend Si j’étais un homme de Diane Tell, était à la fois touchante et juste. Marc Labrèche nous a livré du Marc Labrèche sans plus ni moins. On l’a déjà vu plus en forme, mais c’était nettement mieux que son Info, sexe et mensonges qui tarde à trouver sa vitesse de croisière.

Avec les apparitions d’Yves P. Pelletier, de Richard Z. Sirois et d’André Ducharme, le Bye Bye a parfois eu des airs de réunion RBO, et ce, pour notre plus grand bonheur. Soulignons également le double labeur de Simon-Olivier Fecteau, qui s’est trouvé devant et derrière la caméra.

En résumé, le Bye Bye 2016 se défend bien sans surpasser ce qui a été fait auparavant. Sa force demeure dans la distribution, où on ne se trompe jamais. La formule est restée la même mais avec quelques parodies musicales en moins. À ce sujet, je me serais attendu à voir P.K. Subban venir saluer une dernière fois le public québécois, au lieu du comédien Frédéric Pierre dans son rôle. Quelques moments forts, certains à oublier, mais tout de même un bon spectacle à regarder avec un petit verre dans le nez. Rendez-vous l’an prochain, même heure, même poste. Bye Bye 2016, va te reposer, tu l’as pas eu facile.

davidpoulinrondcatherinejodoinr

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