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SOS d’une éducatrice

Voilà maintenant une cinquième fois que je recommence mon article. Ça ne m’arrive jamais. Mon mandat cette semaine? Vous convaincre que mon métier, celui d’éducatrice à l’enfance, est le plus beau métier du monde… Mais la vérité, c’est que je comprends de plus en plus tous ces gens qui me confessent instinctivement qu’ils ne feraient jamais ce que je fais. Parce que j’en suis moi-même venue à me poser la question.

Je commence à être réellement écœurée de me faire traiter de « gardienne » une fois sur deux quand je parle de ce que je fais dans la vie. Certains ne le font pas méchamment, certes. Mais sachez qu’il y a une énorme différence entre une gardienne et une éducatrice. J’apprends la vie aux adultes de demain. Je leur montre comment se comporter en société. Je les aide à développer leur curiosité, leur potentiel, leur autonomie. Je leur offre une présence rassurante en l’absence de leurs parents. Si ça, ce n’est pas important, je me demande bien ce qui l’est.

J’en ai assez que le gouvernement nous coupe les vivres. Parce qu’en coupant sur tout, ils nous privent d’une aide précieuse. Une aide qui nous permettrait d’intervenir de façon plus appropriée auprès des cas particuliers, de plus en plus nombreux et présents dans nos groupes. Une aide qui maximiserait le temps de qualité passé avec chaque enfant. Une aide qui nous permettrait de nous concentrer uniquement sur notre rôle principal, au lieu de devoir faire la désinfection des jouets parce qu’on n’a plus assez d’argent pour payer la préposée. Une aide qui nous ferait sentir moins impuissantes. Moins seules.

Je trouve ça difficile d’avoir à gérer les différences qui existent entre ma vision de l’éducation et celle de certains parents. Ceux qui font le contraire à la maison de ce qui est enseigné à la garderie. Ou pire encore, ceux qui font la sourde d’oreille et refusent de voir grandir leur enfant. Ça donne l’impression de nager à contrecourant. Que toute évolution chez l’enfant est vouée à l’échec parce que rien n’est constant. Que l’apprentissage est à recommencer à zéro chaque jour… C’est comme se battre dans le vide, finalement.

Je suis fatiguée. Des contraintes, du manque de ressources. Du manque de reconnaissance. Du manque d’appui.

Par chance, il y a les enfants. Leur spontanéité. Leurs marques d’affection sorties de nulle part. Leur unicité. Leurs petites expressions cutes. Leurs progrès impressionnants. Leur capacité à ne pas juger et à ne pas voir les différences. Leur rire. Leurs grands yeux brillants.

L’amour des enfants.

La seule bonne raison de ne pas laisser tomber.

La seule façon de garder espoir.

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Par Marie-Soleil Germain-Dion

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Geneviève Lamoureux

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One thought on “SOS d’une éducatrice

  1. Bonjour ,

    Je suis educatrice dans un SDG , je comprends tellement votre cris du coeur , un animateur de radio tres connus de Montréal a dejà dit en ondes  » Que nous étions des madame qui ne fesaient que se promener sur la cour d’ecole  » Comment voulez vous après un tel commentaires être reconnus par notre entourage ??? Bien souvent ont nous regarde de haut , dans certaines écoles les professeurs nous regardes à peine , et je ne vous parle pas des parents ( pas tous bien sur ) Quand on pense a tout ce que nous faisons que les parents ne voient pas .

    Il y a un gros travaille a faire au niveau de la société et d’un certain animateur de radio tres connus pour changer les mentalités.

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