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L’université : suivre ses rêves, ou emboîter le pas aux autres?

Je pense qu’on passe tous par là, qu’on le veuille ou non.

Cette hésitation qui accapare tous nos moyens devant nos yeux impuissants, ce doute qui prend racine à l’intérieur de nous et qui prolifère aussitôt dans toutes les directions. Ce refus d’accepter une vérité effrayante qui parfois n’est plus à remettre en question.

Objectivement, je pense que le choix d’un programme universitaire n’est pas une décision simple. C’est après tout ce qui va déterminer, de façon plus ou moins importante, notre future carrière et les quelque quarante prochaines années de notre vie, à titre de gagne-pain, de carrière, d’emploi… choisissez le terme qui vous plaît. Et on se retrouve précipité devant ce choix à seulement dix-huit ans, alors qu’on commence à peine à découvrir toutes les possibilités florissantes qui s’offrent à nous, alors qu’on vient tout juste d’entamer nos premiers pas en tant qu’adulte. Certains vont suivre leur cœur, d’autres vont y aller sur un coup de tête, certains tenteront d’être à la hauteur de leurs ambitions alors que d’autres vont miser sur leur simple intuition… et dans tous les cas, je trouve qu’il y a quelque chose de beau dans cela.

Malgré tout ça, au fond de nous, je pense que notre choix final sera le résultat de la combinaison de trois facteurs : ce qu’on aime (1), ce que nos parents désirent (2) et ce dont la société a besoin (3).

Le dicton populaire veut qu’on poursuive nos rêves, qu’on emprunte le chemin de notre plus grande passion… mais il faut savoir tout de même voir la réalité entre tous ces points de vue. Ce n’est plus un secret pour personne, les contraintes sociétales ont entraîné un classement des programmes selon leur utilité et leur valeur. Évidemment, l’une des principales raisons pour lesquelles on travaille, c’est obtenir en échange un revenu, qui sera échelonné selon la profession pratiquée. On a beau aimer la musique, mais se lancer dans une carrière de ce genre en espérant vivre entièrement de cela, alors que la demande au Québec n’est pas extraordinairement élevée, c’est un pari qui, disons-le franchement, est risqué (mais ô combien admirable…). On pourrait dire la même chose de plusieurs programmes artistiques, littéraires et du domaine des sciences humaines — qui ont tous curieusement connu un léger déclin ces dernières années au Québec. Et c’est sans oublier l’influence que nos parents peuvent avoir sur cette décision. Selon les valeurs familiales de chacun, c’est parfois plus souhaitable d’écouter leur sagesse…

Bref, mes parents m’ont suggéré très fortement d’aller étudier en informatique — un domaine qui selon eux, était riche en opportunités et sur le plan salarial. Mais l’intérêt n’y était pas, et je ne voulais pas m’obliger à suivre les pas de mon papa dans quelque chose qui ne m’intéressait guère… alors je leur ai tourné le dos. J’ai évité d’aborder le sujet avec eux, et lorsque celui-ci arrivait sur la table, je sortais des âneries que je regrette un peu maintenant. Mes parents n’ont eu vent de mon inscription en santé que deux mois après la fin de la période d’inscriptions à l’université, et ils ont fini par arriver à être à l’aise avec ce choix. Sont-ils fiers de moi à la suite de cette décision? Je ne sais pas, mais, à bien y penser, et en étant honnête, je ne crois pas. C’était le prix à payer, en quelque sorte.

Quant aux contraintes sociétales… oui, il est indéniable que pour vivre, il faut de l’argent. D’où l’importance de savoir trouver une profession qui correspond, dans la mesure du possible, à ce qu’on souhaite atteindre comme équilibre entre conditions de vie et intégrité par rapport à soi-même. Je n’ai pas eu le courage de continuer en musique, et parfois, je le regrette bien profondément. Mais pour ceux qui ont l’audace, je ne peux que vous recommander de continuer. Récemment, je me suis également mis à découvrir des programmes dont je n’avais jamais soupçonné l’existence – le programme de Gender, Sexuality, Feminist, and Social Justice Studies à McGill, vous connaissez? Pour ma part, ça m’a l’air fantastique. Si vous sentez que cela vous passionne, si vous avez le courage et que vous êtes prêt à fournir les efforts nécessaires, alors pourquoi ne pas se lancer?

Il manque cependant un petit morceau à cette histoire — pour être franc, j’ambitionnais depuis quelque temps de me diriger en médecine. Pour quelqu’un qui (pardonnez-moi la totale absence de modestie) excellait depuis le secondaire, la lettre de refus a été une pilule dure à avaler, et les évènements qui ont suivi n’ont fait que tourner le couteau dans la plaie. Dans une ultime tentative, je me suis alors lancé en réadaptation. Est-ce que je regrette ma décision? Pas un chouïa.

Vais-je retenter ma chance en médecine dans les années à venir? Absolument. Je pense que si notre passion et notre détermination parviennent à surpasser notre tendance naturelle à s’éloigner des défis, alors il n’y a absolument plus rien qui nous retient. Nous avons le choix d’avoir un rêve et de l’ignorer, ou d’avoir un rêve, et de le poursuivre.

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Par Foan Song

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Geneviève Lamoureux

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