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Réapprendre à voyager

Voyager! La réponse ne change pas lorsqu’on se demande ce que l’on va faire à la fin du cégep. C’est un rituel de passage, qui amène la fin d’une époque, le début d’une nouvelle… Après tout, en septembre, plusieurs entameront l’ultime étape vers le passage à la vie adulte. Alors, on ramasse nos maigres économies de l’années, notre sac à dos gigantesque, et on s’engage dans cette aventure qui nous fait beaucoup trop peur pour qu’on se l’avoue.

Malgré tout, on en revient. On en revient grandi – d’avoir rencontré d’autres jeunes comme nous, de s’être fait accueillir à bras ouverts, d’avoir vécu des expériences indescriptibles, d’avoir appris à se connaître soi-même -, amaigri par le budget bouffe très serré, la peau brûlée par les journées passées au soleil, le bagage – et le coeur – léger.

Pour moi, c’est dans tout cela que réside la définition même du terme « voyager ». C’est aussi d’accepter d’être déstabilisé, surpris, inconfortable, gêné, c’est accepter de s’ouvrir au monde tel qu’il est pour qu’il nous accepte en retour.

Pourtant, bon nombre d’entre nous sommes portés à vouloir transposer – et transporter dans d’énormes valises – le confort du chez soi à l’étranger. Reste que les hôtels cinq étoiles avec piscine ne pourront jamais nous offrir une expérience authentique

Et c’est rare qu’on trouve cette authenticité dans l’objectif de notre caméra de plusieurs centaines de dollars… Mais quand on visite un autre pays, on dirait qu’on est conditionné par la nécessité de tout prendre en photo. Un endroit n’est plus beau en soi, il est n’est beau que pour la photo (combien de fois avons-nous pensé « Ça ferait une belle photo! »). Surtout, le voyage dans son entier devient inhérent au regard de l’autre, et ce, au travers des médias sociaux. Désormais, on voyage pour voir, oui, mais surtout, pour être vu, partagé et validé. Impossible de lâcher prise et de simplement, doucement, tendrement, être happé par la beauté d’un coucher de soleil, d’une montagne, d’un garçon qui vous sourit de toutes ses dents.

Mais je ne suis certainement pas ici pour critiquer, loin de là. Chacun d’entre nous faisons des choix qui nous définissent en tant que vacanciers et c’est à nous de décider qui nous voulons être, selon nos capacités. Cependant, beaucoup ne veulent plus être reconnus comme de simples touristes – dans tout ce que cela implique. Ils aspirent à une aventure vraie, vécue dans le moment présent, détachée du quotidien, qui, on l’oublie souvent, les attendra toujours au retour.

« Les voyageurs », comme ils se disent…

annesophie

Par Anne-Sophie Lê

marieandreecaron

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