Menu

Je veux qu’on essaie

In The Morning – The Coral

(à écouter en lisant mon article)

On est lundi, 10h du matin, ça cogne à la porte. Je suis encore en pyjama (et par pyjama on entend un vieux t-shirt et des bobettes). Mon cœur se met à battre double time. C’est peut-être toi. C’est ton genre de débarquer après des mois d’absence, sans prévenir, même pas un appel avant. D’habitude j’aime ça, j’aime bien les surprises, mais là, ma face du lundi matin et mes cheveux pas super frais sont comme pas prêts à ce que tu les vois.

Ça cogne une deuxième fois.

Mon cœur s’est fait une ligne de coke et d’ecstasy (je n’ai jamais rien fait de tout ça, mais j’suis sûre que ça fait le même effet que mon cœur dans ma poitrine en ce moment).

Je vais mourir.

Heureusement j’écoute de la musique assez forte, alors je suis capable de passer devant la porte d’entrée sur la pointe des pieds, sans me faire entendre. Je vais au moins aller me mettre un pantalon. Le premier truc qui me vient sous la main.

Un petit regard dans le miroir.

Eh boy, le début de semaine ne me fait pas.

C’est quand même un peu poche, on se voit une fois tous les quatre mois, entre ton retour de quelque part (qui est toujours à l’autre bout du monde) et ton départ vers quelque part d’autre (bien souvent, l’autre moitié de l’autre bout du monde), j’aurais aimé ça me trouver cute, t’sais.

Quand est-ce que tu vas rester enfin? Quand est-ce qu’on va essayer, enfin, d’être ensemble pour vrai? Pas juste s’aimer dans le mystique de l’espace-temps, entre les étoiles, la lune et les licornes arc-en-ciel. Je sais qu’on a cette connexion spéciale, après toutes ces années, tu es mon âme sœur c’est certain, on ne se pose même plus la question. Mais est-ce qu’on est vraiment fait pour être ensemble? Peut-être que tu es l’homme de ma vie, peut-être pas.

Quoi qu’il en soit, je crois que le seul moyen de le savoir va être d’essayer et j’aurais vraiment besoin qu’on essaie parce qu’aussi débile que ça puisse paraître, je ne suis pas capable de m’investir à 100 % avec quelqu’un d’autre. J’ai essayé, j’ai été en couple avec d’autres personnes, en amour même, mais t’es toujours en back ground. T’es toujours là, dans ma tête, dans mon cœur, dans mon âme. Je n’ai jamais vraiment peur que ça ne marche pas mes affaires parce que je sais que t’existes et que tu m’aimes, toi aussi, d’un amour inconditionnel. C’est réconfortant, mais ce n’est pas vraiment sain. Je veux qu’on essaie. Qu’on sache, enfin.

J’ai mis un pantalon noir, rentré mon vieux t-shirt dedans. On dirait presque que c’est une combinaison vestimentaire réfléchie. J’ai attaché mes cheveux en tresse. Ça va être ça qui est ça.

Le beat martelant de mon cœur s’est suspendu (comme dans une toune électro, t’sais juste avant que ça vire en dub-step). J’ai tourné la poignée…

C’était le facteur.

heramenardrond

Par Héra Ménard

audreydumontrond

Audrey Dumont

Source photo de couverture

One thought on “Je veux qu’on essaie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de