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Réponds-moi

Le jour où j’ai entendu pour la première fois l’expression « les paroles s’envolent, les écrits restent », j’ai compris que pour dire quelque chose d’important à quelqu’un, j’allais toujours privilégier les mots. Parce que ça me donnerait le temps de choisir chaque caractère avec soin, de relire plusieurs fois mes phrases avant de les envoyer et que j’aurais la liberté d’exprimer des émotions moins censurées.

Ce qu’on ne m’avait pas mentionné, c’est à quel point ça impliquait des « si », d’envoyer une lettre. Si le destinataire ne me répondait pas? Si je disais quelque chose de trop? Si mon message n’était pas clair? Si on montrait mes mots à quelqu’un d’autre?

En 2017, le principe d’envoyer des lettres me semble plus important que jamais. Je ne parle pas d’un texto avec « Comment ça va? » comme contenu. Je parle d’un vrai message. Une confession, un témoignage, un questionnement. Un message qui implique une charge émotive.

Les choses ont évolué. On est loin de l’époque où pour s’adresser à quelqu’un, il fallait utiliser une plume, choisir un papier, acheter une enveloppe, appliquer un timbre et se rendre à la poste. Maintenant, un simple « envoyer » sur un appareil électronique fait tout le travail à notre place.

Quelle bonne raison excuse donc le fait de ne pas retourner ses courriels?

J’ai beau chercher vraiment fort, je ne comprends pas.

Pourquoi tu ne me réponds pas?

Je relis mes mots abusivement en cherchant ce que j’ai pu dire de travers pour mériter un tel silence. Chaque fois que mon cell m’annonce un nouveau courriel/texto/messenger, j’ai le cœur qui fait un bond en espérant que tu en sois l’émetteur.

Mais les semaines passent et tu t’entêtes à jouer au fantôme.

Pour tout te dire, j’ai souvent eu envie de te réécrire. Parfois pour te demander si tout allait bien, quelques fois pour t’envoyer chi*r de me faire poireauter et d’autres fois pour simplement partir sur un autre sujet. Parce que tu me manques… Ça m’insulte au plus au point que tu ne m’accordes même pas deux phrases de ton vocabulaire, mais je continue quand même à avoir envie de te parler.

J’essaie de rester droite en faisant semblant que ça ne m’affecte pas, que je suis au-dessus de ton mutisme et que je ne pense jamais à toi, mais c’est faux.

J’aimerais juste comprendre…

Je suis à ce point pas importante pour toi?

***

Enfin, puisque le retour de courriel semble te causer quelques soucis, voici donc les cinq règles de base pour maîtriser l’art de la correspondance.

  1. Sois honnête

L’indifférence, c’est pire que la méchanceté. Dis-le, ce que tu penses vraiment. En tant qu’adultes civilisés, on peut se permettre de se parler des vraies choses. À la limite, tu peux même m’écrire « j’ai besoin d’un peu de temps pour penser à tout ça, je te reviens », « j’aimerais mieux qu’on prenne nos distances » ou simplement « arrête de m’écrire, tu gosses », mais de grâce, manifeste-toi!

  1. Réponds en moins d’une semaine

La loi non-écrite pour retourner une lettre est d’environ une semaine. Je ne parle pas du petit jeu stupide de « elle a pris deux jours avant de me répondre, je vais donc en prendre quatre », mais si tu attends plus d’une semaine, tu as juste l’air de me réécrire par obligation. Sinon, si tu mets plus de temps, assure-toi de répondre par plus de deux lignes.

  1. Porte une attention particulière à la ponctuation

Si tu ne mets aucun bonhomme, tu sembles fâché. Si tu utilises les points de suspension, je passe des heures à me questionner sur les sous-entendus qui viennent avec tes propos. Les « !? » me donnent l’impression que tu es fâché. Si tu finis chaque phrase avec des points, tu sembles désintéressé.

  1. Sois clair

« OK », « LOL » ou un émoticône de caca qui sourit, ce n’est pas clair. Ça ne me dit rien sur ce que tu penses. Je ne te demande pas de m’écrire un roman, mais tu pourrais au moins faire plus de trois phrases complètes.

  1. Écris-moi en premier

Tu sais, tu as le droit de prendre les devants. Tu peux être la personne qui débute la conversation, pas besoin d’attendre que ce soit toujours moi.

Oui, je l’avoue, j’ai l’air compliquée, vite de même. Mais si tu arrêtais de m’ignorer, je ne me poserais pas tant de questions. Just saying

sabrinaasselinr

Par Sabrina Asselin-Latulippe

camilleleblancrond

Source de la couverture

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