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Je pense trop, donc je suis triste (anxiété 2.0)

Pour commencer, il faut tenter d’enlever du pouvoir aux réseaux sociaux. On a tous déjà expérimenté l’attente devant le Lu/Non-lu de la messagerie Facebook, « checké » la dernière connexion de notre date sur Tinder, publié une photo nerveusement sur Instagram… Mais dans un monde comme aujourd’hui, en 2017, où tout va extrêmement vite, la notion de ça y prend du temps me répondre, est trrrrrès relative.

Poison-parano

Se convaincre des sentiments de l’autre à distance, avant même de lui parler, c’est le poison de notre génération. Je m’imagine tous les scénarios possibles, à m’en détruire le bonheur. Je pense au pire, comme ça je ne serai pas déçu… Osti que c’est triste!

Il ne faut pas tomber dans le piège de l’anxiété ou de la paranoïa. De un, parce qu’on ne peut contrôler personne d’autre que nous. Puis, parce que penser à peut-être que parce que ben oui ça expliquerait possiblement mais c’est pas sûr mais on sait jamais, ça ne crée rien d’autre qu’un mal de ventre, surmonté d’un spleen plate, couronné de sentiments négatifs qui ne servent à rien pantoute.

Il n’existe pas de règles expliquant le nombre de jours à attendre avant de recontacter quelqu’un, il n’existe que le désir de le faire, ou pas. Je connais tellement de gens qui ont peur d’avoir l’air dépendants, mais quand on ressent des sentiments forts pour quelqu’un, on a envie de le voir… c’est comme ça que ça marche l’amour ou l’amitié.

Il faut se faire confiance, c’est dommage de s’enlever autant de pouvoir… et de le donner à quelqu’un d’autre.

Tu m’as supprimée?

J’ai une habitude, que certains jugent peut-être fâcheuse, de supprimer des amitiés Facebook quand j’ai plus de 400 amis. Là-dedans il y a toujours des gens que je n’ai jamais rencontrés, des gens que je ne vois plus, qui habitent d’autres villes, provinces, pays. Ce ne sont pas des personnes très proches, et alors ça peut m’arriver de les enlever de mon compte.

J’ai de la misère à accepter des gens que je ne connais pas, et en même temps, je suis amie avec des vedettes qui ne me connaissent pas. Trouvez l’erreur.

Cercle fermé

Pendant la grève de 2012, j’ai aussi fait un ménage drastique de mes amitiés, toute outrée que j’étais devant certains commentaires. Depuis, mon fil ne contient à peu près aucun débat, je me retrouve dans un univers médiatique plus clos, que je sais moins fidèle à la réalité.

Est-ce qu’à trop s’éloigner des gens qui ont des opinions contraires, on ne les aide pas un peu à se donner raison? Si dans leurs cercles immédiats, ils ne connaissent aucune personne qui ne soit, par exemple, environnementaliste ou pour l’avortement, ils ne seront jamais confrontés à ces points de vue.

Quand je vois des figures publiques de la trempe de Lili Boisvert (Les brutes, Sexplora), accepter toutes les personnes qui lui font des demandes d’amitié, je les trouve extrêmement courageuses. Et quand je les vois, en plus, répondre aux commentaires sexistes, misogynes et machos de certaines personnes, je suis dans l’obligation de leur lever mon chapeau. En refusant de voir ce genre de commentaires, en les supprimant de son fil, elle perdrait possiblement la possibilité de les sensibiliser, ne serait-ce qu’une fois.

C’est vrai que la communication Facebook est parfois compliquée. Certains écrivent plus vite, certains suppriment, dès qu’on écrit un commentaire de plus de 100 mots, on ne lit plus… Ça demande de l’énergie, de la patience, du sang froid et un bon esprit de synthèse.

Autrement, on peut, aussi, arrêter de s’en faire avec les relations numériques, et essayer de parler au monde en vrai, c’est aussi salutaire.

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ArianeLessardrondAliceArsenaultrond

Source photo couverture

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