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Chronique d’une semaine banale

Je me réveille de bonne humeur, même si c’est lundi. J’embrasse mon chum. Je respire l’odeur de sa peau. On niaise un peu, on snooze une (ou deux?) fois. Rendez-vous chez l’allergologue avec ma fille. Espoir dans l’cœur pour de bonnes nouvelles. Arrêt au café Saint-Henri sur Notre-Dame avant, pour un cortado pis un lait chaud pour la demoiselle. On prend notre temps, on rit, elle prend deux gorgées de son lait pis décide qu’elle aime mieux l’eau. Way to go. On fait les tests d’allergies. Plus une prise de sang dans un p’tit pli de coude neuf de trois ans. Brave fille s’endort dans le taxi qui nous mène vers une place de bouffe mexicaine pour le lunch. On se bourre la face dans le porc effiloché et le guacamole. Elle renverse de l’eau, pis avale la crème sure sans prendre le temps de respirer entre deux bouchées pour être certaine de toute l’avoir. Brûlée par ses émotions, ma p’tite boule s’endort sur le plancher quelques heures plus tard pendant que je cuisine un pâté chinois ben simple pour mon plus vieux, qui s’obstine avec son frère, as usual. Douche, tout le monde dort, je me dis que je vais me coucher tôt, mais je binge watch n’importe quoi sur Netflix et mon verre de vin devient chaud parce que je l’ai oublié sur le comptoir.

Mardi. Bureau. Je pars de chez moi, arrive à la station, retourne chez moi parce que j’ai pas ma carte OPUS, retourne vers le métro, pis revire de bord encore parce que je ne sais pas si j’ai barré la porte, puis j’hésite encore, mais je ne sais même pas sur quoi ni pourquoi — oui, j’ai le TDAH dans l’tapis aujourd’hui. J’arrête pour un deux cafés pour emporter, arrive au bureau, jase, lis mes courriels, travaille, reçois des appels, sacre un peu, mets mes bottes, pis prends le chemin du retour. J’angoisse un peu. J’ai besoin de plus de contrats. Et je m’ennuie de mes enfants. C’est tough, ne pas les voir une semaine sur deux. Mais c’est correct, c’est ce qu’il fallait. J’ai l’sourire facile, maintenant. Je regarde des vidéos, des photos d’eux dans mon téléphone. Mon chum me dit qu’il a hâte de les voir aussi, pis mon cœur gonfle tellement de bonheur que je pense qu’il va fendre. Pis je le regarde dans les yeux, mon bel amour, et je sais qu’il est tout, parce que quand je laisse quelqu’un entrer dans ma vie, c’est parce que je le veux, pas parce que j’en ai besoin. Pis putain que c’est magique.

Travailleur autonome c’est pas pire en maudit pour la flexibilité de l’horaire, entre autres, mais c’est pas mal moins l’fun quand vient le temps de préparer tes documents pour les impôts. Faque mercredi, il fait gris dehors, Organ Mood comme musique de fond, café sur la p’tite table à côté du divan, pis la vaine assurance que je vais réussir à tout entrer dans mon fichier Excel sans me frustrer, ni sans me laisser déconcentrer par : le bruit de la pluie sur la fenêtre / mon chum qui te regarde avec un grand sourire pis du pétillant dans les yeux / quatre pipis parce que trop de café / Facebook Instagram Gmail / des rêveries / les prochaines chaussures que je veux / la robe à fleurs brodées j’en ai-tu tant besoin / l’envie de boire du vin orange / y restes-tu des épisodes de Like-Moi à regarder qu’on a pas vus / name it.

Jeudi est déjà là et le travail m’appelle. Je lis de la littérature jeunesse, je la trouve belle, elle m’émeut, me fait rire, provoque des questionnements, je l’aime. Je pense à la façon dont je vais promouvoir ce livre-là, je fais ce qui me passionne, je me débrouille, je crée, j’écris, je communique et j’essaie de faire connaître la beauté des mots et des images de l’album à tout le monde. J’suis chanceuse de faire c’te job.

Pis là, le week-end approche, et je me dis que ma vie ordinaire, je l’aime. Mon quotidien, il est splendide. Parce que malgré les orages, les pleurs, les cris, les difficultés, l’ennui, l’incertitude, le stress, les remises en question, y’a toujours une éclaircie, une étincelle, qui se pointe un moment donné. Pis y’a plus de soleil que de nuages. Et là, les doigts sur mon clavier, deux heures en retard sur la remise de mon texte, je me dis que ça va faire les métaphores de météo, pis que je ne changerais rien à ma vie. Rien.

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