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Je pars longtemps, je fais quoi avec mon divan

J’ai peur de moi ces temps-ci. J’habite à la même place depuis deux ans, je ne suis pas sortie du pays ou si peu. J’aime mes meubles. J’en ai ramassé chez mes parents, mes grands-parents, sur la rue, chez Ikea, Emmaüs… C’est beau chez nous, je suis bien chez nous. Mais je m’ennuie tellement du voyage.

De la fin de mon secondaire à la fin de mon bac, mes années ont été enrichies par des périples. Ces voyages-là m’ont fait grandir. Nicolas Bouvier écrit dans L’usage du monde : « On croit qu’on fait un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait.». Je me suis développée de plusieurs façons à l’étranger, j’ai vaincu des peurs, je me suis fait confiance.

J’ai ça en tête depuis deux ans : quand je finis ma maîtrise, je pars en Asie pis je reviens pas avant longtemps. Mais plus ce moment-là se rapproche, plus je pense qu’y va falloir que je déménage, que je délaisse un endroit où je me sens bien… J’ai peur de m’établir, mais aussi de perdre mon confort.

J’ai peine à peinturer les murs quand je déménage parce que je me demande je vais être là combien de temps. Ça vaudra la peine de dépenser tant si je pars? Je garde toujours ça en tête. Avec l’envie du voyage, une seule certitude; j’ai beaucoup trop de choses.

Je me suis demandé si j’étais matérialiste, ces derniers temps. J’accumule tellement.

Mais y a-t-il des choses dont on ne peut absolument pas se départir? Est-ce que je vis dans le luxe avec genre mon robot culinaire, mon fauteuil préféré, mes cadres et mes affiches? Mes bibliothèques pleines. Mes tiroirs et mes garde-robes fucking trop pleins de linge.

On fait quoi avec nos avoirs quand on part? On s’en débarrasse? Kijiji go. On se loue un locker à x piasses par mois? On sous-loue son appart? Si oui, on apprend à vivre avec le stress de ses choses dans les mains des autres? Dans un cas comme dans l’autre, faut enlever de la valeur aux objets qui nous entourent j’imagine. Le départ se fait mieux quand on se fout de son beau tapis. Peut-être que je m’investis trop dans des affaires pas full essentielles. Je me questionne là.

Pis je me suis mis à faire le ménage. J’ai besoin d’autant de paires de bobettes? Je pense pas. Autant de chandails? Non. Autant de livres? Celle-là est plus « tof », mais non.

Pis vous, vous feriez quoi si vous partiez un an?

***

arianelessardarticle

alicearsenaultarticle

Crédit dessin de couverture : Kaël Mercader, pour suivre ses shits sur Facebook, c’est ici.

One thought on “Je pars longtemps, je fais quoi avec mon divan

  1. J’ai repensé à ton texte ce week-end Ari. Ça fait un mois que je suis partie, et même si j’ai du fun, j’apprends plein de choses, je rencontre des gens, j’apprends à me gérer et à me faire confiance, je m’ennuie d’être chez-moi. J’ai besoin d’avoir un endroit que j’appelle « home » (et c’est pas chez mes parents, qui représentent deux « home » et aucune en même temps.) J’ai besoin de mes bases. De mes repères. D’un point de chute où je peux juste sentir qu’ici personne me fait chier, mais qu’en même temps, je peux avoir du soutien facilement si j’en veux. (Donc clairement pas chez mes parents 😉 )
    J’aime ça ce que je vis en ce moment, mais j’espère n’avoir jamais à repartir aussi longtemps. C’est enrichissant, bénéfique, c’est l’fun et je me construis un petit monde ici, mais je sais que je ne suis pas complètement bien. Je ne suis pas « chez moi ». Je pense qu’il faut aussi se connaître et connaître ses limites. Qui s’apprennent peut-être bien avec l’expérience, en voyageant par exemple. 😉
    Bref. Écoute ton intuition. Si t’as envie de partir, pars. Si t’as envie de rester, reste. Des apparts beaux, des cocons, on en refait, on en recrée.

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