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La journée internationale contre la discrimination raciale

Depuis 1966, suite au massacre de Sharpeville de 1960, le 21 mars est une journée pour se rappeler de la discrimination raciale faite à travers le monde par les différentes institutions. L’apartheid, régime oppresseur plaçant les personnes dont la couleur de la peau est « noire » dans le bas de la hiérarchie sociale, était encore bien établi à ce moment-là. On aurait pu penser, que presque 60 ans plus tard, ce phénomène ne serait plus d’actualité, mais non ; il l’est toujours – peut-être même plus. C’est avec tristesse que nous pouvons constater qu’à la tête de nos pays ne se trouvent pas les gens les plus ouverts d’esprit, les plus terre-à-terre. C’est dommage que lorsque ces dirigeants se montrent ouverts d’esprit et conciliants, ils se font atterrer par la critique. La haine est encore d’actualité, ce qui, en soi, est une bonne raison de s’inquiéter.

« Faire » de la discrimination c’est traiter une personne différemment en raison de caractéristiques personnelles sur lesquelles il n’a pas le contrôle (race, âge, sexe, handicap, etc.) et qui sont généralement immuables. C’est aussi (et surtout) mettre de l’avant sa peur de l’Autre et de la différence pour se laisser envahir par celle-ci. C’est de constamment remettre de l’avant ce qui rend l’Autre différent de nous – ce qui le fait se sentir différent.

Au Québec, 13% de la population de 15 ans et plus a vécu de la discrimination en raison de ses caractéristiques ethnoculturelles. Bien que ce chiffre soit moindre à la proportion du reste du Canada, qui est de 18%, il est pertinent de se questionner sur les raisons de cette discrimination. Qu’est-ce qui fait que, d’humain à humain, nous n’arrivions pas à nous reconnaître les uns dans les autres, à s’identifier comme faisant tous partie d’un même monde.

Cette discrimination se fait ressentir avec différentes intensités ainsi que dans différentes sphères de la société, que ce soit dans le système éducationnel, dans le système de santé ou encore dans le système judiciaire, notamment quand on pense au cas de la justice applicable aux peuples autochtones. Sans que cette forme de racisme soit toujours systémique, elle s’exprime à travers les gestes, les commentaires et les modes de pensée de chacun, et ce, à travers chacun de ces systèmes. C’est triste que nous nous adaptions aux autres en les rabaissant, en les diminuant face à leurs caractéristiques et que nous ayons besoin de rabaisser l’autre pour se montrer dominant – et de toute manière, à quoi bon dominer?
Parfois inconsciente, la discrimination est insidieuse. Elle se tapie dans nos racines, dans les croyances qu’on nous a transmises d’époque en époque, dans celles que les médias nous ont véhiculées et nous véhiculent toujours, malheureusement. En tant qu’êtres humains, il nous est impossible de bien saisir l’essence de tout ce qui nous entoure. On ne peut ni tout connaître, ni tout comprendre. C’est pourquoi nous en venons à accepter certaines idées qui nous entourent – aveuglément, mais selon une certaine logique. Comment faire autrement quand on ne nous donne pas les moyens d’acquérir les connaissances nécessaires à éloigner les stigmas?

En cette journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, je remets en questions nos valeurs et la place que nous donnons à l’Autre dans la société. J’ai envie de vous dire d’aimer l’Autre, de tenter de comprendre ce que vous ne comprenez pas, de vous informer à la source, plutôt que d’écouter ce que vous entendez. Les différences font grandir et, surtout, elles aident à se comprendre – à nous comprendre.

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