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Quand l’amour explose

Verbale, psychologique, physique, sexuelle, sociale, économique – ce sont eux, les types de violence. Gardez-les en mémoire. Vous aurez la chance (ou plutôt la malchance) de les observer au quotidien, peut-être même de les vivre. Vous en serez témoin à la télévision, dans vos films ou séries préférées, vous en lirez dans votre roman favori, vous en entendrez parler par l’ami d’un ami, vous le verrez aux nouvelles locales, et, un jour, vous y serez confronté. Ce jour-là, saurez-vous quoi faire? Saurez-vous la reconnaître?

Je n’ai pas envie de vous parler de violence conjugale – je DOIS le faire. C’est important et c’est un sujet qui retient l’attention en ce moment, alors autant saisir l’occasion pour vous rappeler que vous pouvez refuser de faire partie des statistiques, et que vous pouvez faire la différence dans la vie des autres.

Ma réflexion ne concerne pas uniquement la situation désolante de Daphnée Boudreault, qui a vécu la détresse d’un homme perdant le contrôle de ses émotions, de sa tête – témoin d’une société désorganisée. Ce cas est beaucoup trop complexe, la question du traitement policier est au cœur des questionnements, le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) saura porter justice si préjudice il y a et il nous incombe de laisser familles et amis faire leur deuil.

Je m’adresse à tous les hommes, femmes, enfants qui vivront où seront témoins de violence conjugale un jour ou l’autre, qui ne sauront pas nécessairement la reconnaître et qui ne sauront encore moins quoi faire. Ce que je dois vous dire, c’est que le phénomène de violence conjugale est tristement sous-estimé dans notre société, que la prévention qui se fait dans les écoles est peu efficace, que l’on manque de ressources, et que, plus souvent qu’autrement, on n’est pas pris au sérieux quand vient le temps de dénoncer des comportements violents.

Il n’y a pas de définition équivoque de la violence (selon moi), et c’est pourquoi c’est si insidieux. Comment reconnaître un comportement violent, alors que celui/celle qu’on aime nous assure qu’il/elle nous aime en retour, qu’il/elle est désolé(e), que ça ne recommencera pas? Comment ne pas croire que c’est nous le problème, qu’on est susceptible, intolérant et, ultimement, qu’on le mérite? Voici une brève description des différentes formes de violence, pour vous aider à y voir clair.

La violence verbale, c’est, par exemple, de lancer des insultes, de lever le ton, de faire des menaces, de donner des ordres.

La violence psychologique, c’est subtil et ça escalade vite. C’est de faire sentir l’autre comme incompétent dans plusieurs sphères de sa vie, remettre en question son intelligence, l’ignorer, l’humilier en public.

La violence sociale, c’est de contrôler le cercle social de l’autre, le critiquer, que ce soit au travail, la famille ou les amis.

La violence physique, c’est ce qu’on peut voir : des coups, des choses lancées, des étranglements.

La violence sexuelle, c’est de ne pas respecter la limite du consentement, de donner des noms dégradants, de faire faire des choses dégradantes, de critiquer les actes des autres, de le dénigrer au niveau sexuel, de ne pas respecter son intégrité en tant que personne, de le voir plutôt en tant qu’objet sexuel.

La violence économique, c’est tout ce qui a trait au contrôle de l’argent, des revenus, de la propriété. C’est de reprocher des dépenses, d’en empêcher d’autres, de retirer les biens et de les prendre à son nom. C’est d’essayer de faire croire à l’autre que sans vous, il n’a pas les moyens de vivre.

La violence conjugale n’est pas un phénomène qui n’existe plus, et encore moins un phénomène en voie de disparition. Au contraire, chaque jour qui passe, elle devient plus sophistiquée, elle se camoufle, elle se tapit dans les coins des relations. Parce que la violence, ce n’est pas toujours du sang ou des coups de couteau. Elle est parfois plus subtile, et ça peut mener loin. Parce qu’à la base de toute relation, on devrait retrouver le respect – la dignité humaine. Le fait de savoir dire non n’est pas passé de mode, ni connaître nos limites et aller chercher de l’aide.

On doit dénoncer les situations d’abus psychologique, de violence physique ou sexuelle, le contrôle des cercles d’amis ou des ressources financières. Ce n’est pas négligeable tout ça, et il faut savoir les reconnaître pour savoir dans quel cycle on s’embarque et s’en sortir à temps.

L’amour est proche de la haine, c’est établi depuis longtemps – depuis tellement longtemps qu’on aurait cru le problème réglé, mais non, la roue tourne.

À toutes les victimes de violence conjugale, trouvez la force de sortir de cette relation.

Ressources :

Maison de Connivence (ressource pour femme, 24/7, gratuit) : 819 379-1011

SOS Violence Conjugale (ressource 24/7 pour tous, gratuit) : 1 800 363-9010

À cœur d’Homme (ressource pour les hommes ayant des comportements violents) : acoeurdhomme.com

Expansion Femmes (ressource pour les femmes ayant des comportements violents) : expansion-femmes.com

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