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Toi, pourquoi travailles-tu?

Plus j’y pense, moins je comprends la nature de ce rapport que j’entretiens avec le travail et moins je sais reconnaître la place de cette valeur dans ma vie. Je ne suis visiblement pas une « femme de carrière », bien que je serais plus que fière d’afficher mon doctorat sur le mur de mon cabinet et d’enseigner dans un amphithéâtre bondé de gens. Je suis mitigée entre le poids que le travail a pour moi et celui qu’il occupe dans la société. Suis-je prête à y accorder autant d’importance? Non et je m’en sens coupable. Je me sens ordinaire de ne pas avoir envie d’aller travailler sur un horaire régulier, de ne pas avoir envie de travailler 90h/semaine, de ne pas avoir envie d’être dans un contexte de travail à l’année longue.

À qui s’applique le modèle étude/travail/retraite et à qui ne s’applique-t-il pas?  Est-ce qu’aimer ce à quoi on consacre nos journées, nos semaines, nos vies est assez? Est-ce que  travailler dans un domaine qui nous intéresse est assez? Est-ce qu’il est vraiment nécessaire de travailler 47 semaines par année pour bien vivre? Est-ce que c’est possible de vivre autrement?

Pourquoi travaille-t-on? Pour payer nos factures? Pour voyager? Pour élever notre famille? Pour s’accomplir? Il y autant de possibilités que de réponses et c’est dur de s’y retrouver.

Dans un modèle sociétal qui encourage la relation effort/récompense, il est évident que le travail semble la seule voie possible pour obtenir des loisirs et des moments de détente. Je me demande, à quel moment le travail est devenu autant la source de différends entre les gens? À quel moment le travail s’est-il mis à occuper une place aussi importante dans la vie des uns et une si infime place dans la vie des autres? Qu’est-ce qui creuse le fossé entre le travail prioritaire ou le loisir prioritaire?

Est-ce que le travail est une fin ou un moyen? C’est ce que je me demande.

Pour ma part, je sais qu’il s’agit d’un moyen – d’un moyen de voyager, de faire des activités, d’avoir des loisirs, de m’épanouir autrement, de gâter mon entourage. J’aime travailler, j’aime être utile et j’espère pouvoir un jour exceller dans mon domaine, mais ça ne sera jamais assez pour que je me sente entière. J’ai envie de cadrer dans le moule qu’on me propose, d’avoir envie de travailler comme la majorité des gens, de me contenter de mes quelques semaines de vacances, de m’épanouir au travail et d’être heureuse ainsi. Malheureusement, je ne peux m’empêcher de m’avouer que, pour le moment, ce cadre ne me convient pas. Je le développerai peut-être avec les années, mais, pour ma part, la routine du métro-boulot-dodo, ça ne m’appelle pas.

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