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Tout ou rien

Toujours ou jamais. Tout ou rien. Comment vivre dans un monde composé de nuances de gris lorsqu’on vit trop en noir et blanc? Comportement qui peut être dangereux parce que, habituellement, qui dit pensée extrême dit comportements extrêmes, et éventuellement des regrets. Selon moi, c’est dans la même catégorie que d’agir avant de penser. De telles pensées interfèrent avec le développement de notre modération.

Cette façon de penser vient a priori de nos ancêtres primitifs en réponse au danger constant qu’ils vivaient. Cette réponse a évolué avec ces êtres : lorsqu’on est confronté à une situation de danger, on doit absolument prendre une décision rapidement. Soit qu’on s’échappe, soit qu’on attaque. Il n’y a pas de place pour du « peut-être ». N’importe quelle décision crée une réaction émotionnelle qui nous permet de vivre notre décision au maximum. D’autre part, cette attitude découle de notre enfance : c’est de cette façon que nous avons appris à organiser nos pensées. Nos parents nous ont appris quelque chose d’absolu, pour plus tard modifier cet absolu (pas si concret finalement) assez pour nous faire nous questionner. Donc, lorsqu’on recommence à voir le monde en noir et blanc, avec des toujours ou des jamais, surtout dans des situations de stress, on retourne à la façon dont on voyait le monde enfant.

Penser en noir et blanc est surtout présent dans le cinéma américain, par exemple lorsqu’il est facile, même trop facile, de discerner qui est le « gentil » et qui est le « méchant ». Mais on réalise vite que ça ne fonctionne pas de cette façon dans la vraie vie. On ne peut pas classer les personnes comme étant seulement gentilles ou seulement méchantes puisque nous sommes des êtres complexes qui ne devraient pas être limités ainsi. La pensée en noir et blanc laisse croire que le monde est statique, ce qui est faux.

Penser trop en noir et blanc peut causer des conflits. Si quelqu’un n’est pas d’accord avec tout ce qu’on dit, alors on va vouloir conclure qu’on ne nous écoute pas du tout. Si on n’est pas en contrôle total d’une situation, alors on va vouloir conclure qu’on ne contrôle rien du tout et qu’on est la victime. Si on n’a pas tout ce qu’on veut, alors on va vouloir conclure qu’on n’a rien.

J’avoue que j’ai tendance à penser de cette façon dans ma vie. Je suis soit incroyablement heureuse, soit énormément fâchée/triste. Mes émotions changent constamment, allant d’un extrême à l’autre sans passer par les multiples intermédiaires. On dirait que je veux tout ou rien, ou sinon je ne suis pas satisfaite. Je pense que quelqu’un me haït ou sinon que celui-ci m’adore. Je n’étais pas capable de m’imaginer un entre-deux, et puisque je pensais ainsi, je croyais que tout le monde pensait de la même façon que moi, par rapport à moi. J’ai eu beaucoup de misère à réaliser ceci auparavant, mais des événements récents m’ont ouvert les yeux et je me suis rendu compte que cette sorte d’attitude limitait ma perspective. J’étais incapable de faire des compromis et toujours vivre dans les extrêmes m’épuisait.

Une fois que j’ai découvert que vivre en noir et blanc me rendait généralement insatisfaite de tout, j’ai arrêté de projeter mes émotions sur les autres. Juste parce qu’une situation ne m’était pas favorable, ça ne voulait pas dire qu’elle n’allait pas s’améliorer. Juste parce que mon partenaire n’était pas de mon point de vue, ça ne voulait pas dire qu’il ne m’aimait plus. Lâcher prise par rapport à cette mentalité ne vient pas du jour au lendemain, mais chaque petit pas compte. Acceptez que le monde ne soit pas en noir en blanc. Il y a plus de mille nuances de gris, et aussi du rouge et du bleu et du jaune et du vert et toutes les couleurs imaginables.

Source photo de couverture : Pinterest

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