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Le bénévolat 

Est-ce que c’est bien, le bénévolat ?

La réponse intuitive à cette question semble être, de toute évidence, oui. Je pense que le bon fonctionnement de notre société repose partiellement sur la contribution des citoyens, que cela soit au sein d’organismes communautaires, de fondations ou auprès d’établissements nécessitant une aide bénévole pour répondre à l’ensemble des besoins de la population. Souvent, on peut retrouver des offres de bénévolat dans les établissements de santé, auprès des aînés, des enfants et des moins bien nantis — soit quelques-unes des populations les plus ciblées par le bénévolat au Québec. Cette aide permet ainsi d’enrichir la gamme de ressources mise à la disposition de ces gens, sans pour autant imposer un poids financier sur les institutions offrant ces services.

Sans oublier qu’il y a beaucoup à gagner à s’engager dans une activité bénévole — c’est en quelque sorte un « donnant-donnant ». Déjà, le fait de ne pas être circonscrit par une obligation financière change beaucoup les choses. Plutôt que de s’orienter vers ce qui semble être le plus payant, on se dirige plutôt vers les besoins qui nous tiennent le plus à cœur, et qui vont nous apporter un certain sentiment d’accomplissement en retour. En plus d’entraîner des répercussions positives sur notre propre bien-être, le bénévolat peut aussi nous permettre de mettre à profit les habiletés moins sollicitées par l’école ou le travail ; je pense notamment aux compétences créatives et sociales, dans une certaine mesure ! À titre d’exemple, j’ai commencé cette année à m’engager en tant que pianiste au sein de la chorale de l’organisme Parkinson Estrie, qui réunit une quinzaine de personnes atteintes par cette maladie ainsi que leurs proches aidants. C’est une activité qui vient me rejoindre, au sens où ça me permet à la fois de faire de la musique (best thing ever) et d’œuvrer dans un milieu directement relié à la santé, soit deux domaines qui me tiennent beaucoup à cœur.

Okay. Donc, faire du bénévolat, c’est bien. Right?

Je pense qu’il faut tout de même tenir compte de l’autre côté de la médaille avant de poser un tel jugement. Il y a des gens qui ne font pas du bénévolat pour les bonnes raisons – pas par générosité ou solidarité, mais plutôt dans le seul but d’un gain personnel qui n’est pas monétaire. Oui, ça existe, les gens qui s’engagent dans des activités à titre de bénévole juste pour embellir leur CV. D’autres s’enflent la tête et prétendent être des superhéros qui éradiquent la famine sur terre alors qu’ils ont donné deux heures de leur vie au total à la popote roulante. Est-ce que ce genre de contribution devrait être proscrite ?

Selon Antidote, le bénévolat est défini comme la « situation d’une personne qui accomplit un travail sans recevoir de salaire et de façon volontaire ». La personne qui fait du bénévolat doit donc être 1) non rémunérée et 2) le faire délibérément. Toutefois, cette définition n’interdit pas le bénévole d’être rétribué d’une autre manière. Il est donc libre d’en tirer jouissance, fierté et dignité, tout dépendant de son orgueil. On pourrait se dire que de toute façon, peu importe comment il envisage son action, le résultat est là : il aura contribué de façon volontaire à un organisme ou une activité, peu importe. Ça, c’est une pensée très utilitariste. Je pense que sur le plan moral, on peut faire mieux que ça. Par ailleurs, j’ai l’impression que si l’intention véritable d’une personne n’est pas d’apporter son aide de façon altruiste, cela va transparaître sur ses actions, qui seront peut-être moins ferventes que celui qui fait du bénévolat par pur altruisme ou générosité.

En fin de compte, je pense que le bénévolat est quelque chose de très noble, mais qui n’est pas fait pour tout le monde. Oui, il y a des gens qui sont vraiment disposés à le faire, et nous devrions être très reconnaissants de cela. Mais dire que tout le monde devrait en faire, ce n’est ni réfléchi ni applicable dans la réalité. Outre le conflit de valeurs mentionné plus haut, faute d’énergie ou de priorités, il peut être difficile, voire impossible pour certaines personnes de trouver le temps de se lancer dans cet engagement qui demande tout de même un investissement non négligeable — je pense notamment aux étudiants universitaires.

Alors, je lève mon chapeau à tous ceux qui sont engagés en tant que bénévoles ; et je salue sans rancune tous ceux que le bénévolat n’a pu rejoindre.

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