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Quand la société influence le choix de carrière

J’ai toujours aimé les chevaux. Petite, je voulais devenir entraineuse de chevaux ou encore posséder un ranch où je donnerais des cours d’équitation. Toutefois, on m’a rapidement dit que c’était difficile de faire de l’argent avec ça et que ce serait difficile de percer. Alors on m’a parlé des traditionnels métiers payants et « bien vus ». En gros, tout ce qui nécessitait des maths et des sciences, matières pour lesquelles je n’avais jamais eu beaucoup d’intérêt et plutôt beaucoup de difficulté. 

Quand est venu le temps de choisir un domaine d’études en secondaire cinq, je ne savais pas ce que je voulais faire. On m’a dit d’aller faire un préuniversitaire parce que c’était bien de faire des études supérieures (déjà l’adjectif nous indique bien comment la société perçoit les niveaux d’études, mais on y reviendra), parce que ça ouvrait pas mal de portes et que c’était bien vu. J’étais toutefois le genre de personne qui en avait marre de faire du général en terminant ses études secondaires, alors j’ai plutôt décidé d’aller faire une technique en travail social. C’est à ce moment que j’ai compris que la société ne mettait pas tous les métiers sur un même pied d’égalité. Que ce n’était pas vrai que, dans notre société, si tu étais concierge ou médecin, tu étais considéré de la même manière.

Même moi, du haut de mes 17 ans, je ne considérais pas qu’il était aussi gratifiant de faire certains métiers plutôt que d’autres. J’ai donc complété ma technique sans grand intérêt puis je me suis retrouvée face à moi-même. Je n’aimais pas le milieu. Je ne me voyais pas passer ma vie à tenter d’aider les gens de cette façon. Je suis donc allée travailler en pharmacie pendant quatre années et demie. C’était dans le domaine de la santé et j’aimais ce que je faisais, mais les conditions de travail ont fait que j’ai voulu me réorienter. Quand j’ai pris la décision de retourner aux études, je me suis promis de faire un choix pour moi. J’ai d’abord pensé retourner aux études dans un domaine médical parce que je trouvais ça plus gratifiant (non, je n’avais toujours rien compris). 

Puis, un jour, ma sœur m’a dit : « Élo, je te verrais en secrétariat. » Je me suis dit que j’avais besoin d’un métier avec plus de reconnaissance. Alors j’ai continué de chercher pendant un certain temps. Ne trouvant rien qui m’attirait plus, je me suis finalement résignée à essayer le secrétariat. 

J’ai débuté mes études en janvier et je peux finalement dire que je me sens sur mon X. Non, je ne sauve pas de vies, non, je n’instruis pas les générations futures, mais j’aiderai bien à ma façon la société et je me sens enfin valorisée. 

Ça m’a fait prendre conscience d’une chose : tu n’as pas besoin de faire de grandes études et tu n’as pas besoin de faire 300 000 $ par année pour te sentir valorisé. Ta valorisation doit avant tout venir de toi. Quand toi tu te fais confiance et que tu trouves un domaine où tu es bien, c’est tout ce qui compte. Que tu sois infirmier, grutier, concierge, médecin ou encore secrétaire, si tu aimes ce que tu fais, c’est ce qui compte. Ne te prends pas la tête à essayer de plaire à une société qui n’a sûrement même pas les mêmes valeurs que les tiennes. Essaie seulement de te plaire à toi-même et tu seras à la bonne place. 

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