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Voyager à travers Dalida

Avec le temps, va, tout s’en va, mais l’héritage de Dalida, lui, reste et c’est ce que la réalisatrice Lisa Azuelos nous montre à travers son film éponyme. Survolant la vie de la chanteuse et actrice française, le film se concentre principalement sur l’intériorité de la chanteuse et non uniquement sur ce qu’elle représentait, quoiqu’on ne puisse vraiment y passer à côté puisque sans elle, son histoire et sa triste finalité ne résonnerait plus encore aujourd’hui comme le fait Je suis malade. Le scénario ouvre les rideaux sur ce à quoi le public n’avait pas accès. Néanmoins, il réussit à trouver une balance entre le tout, ce qui fait la force du film. Résumant les grands coups de sa vie comme les grands succès de ses disques, le film laisse échapper certains évènements de sa vie qui ont été, eux aussi, très marquants et qui auraient pu ajouter considérablement au tragique du scénario. Néanmoins, il est possible de comprendre le choix de tel événement plutôt qu’un autre; on ne peut résumer une vie tout entière à l’intérieur d’un film de quelques heures. Par ce fait même, le choix des lignes directrices de la vie de la chanteuse révèle bien chaque détour; on aborde les points essentiels et même plus afin de nous dresser un portrait juste, vrai et exact de sa biographie. D’autant plus que les grandes icônes qui lui sont associées y sont. Elle est de retour et on la reconnaît bien à travers les traits et le jeu de Sveva Alviti.

Les cheveux, la voix et son accent, la prestance et le charisme dont elle fait preuve nous confirme bien une Dalida réincarnée à travers les écrans de nos grands comme petits cinémas. Relevant d’un très grand réalisme, la structure du film mène, peu à peu, à la détérioration de l’état de santé psychologique et aussi physique de la chanteuse. Le fait que, peu à peu, le scénario laisse des indices ici et là du désespoir de la chanteuse permet une certaine proximité entre les spectateurs et son personnage. La dépression se cache de moins en moins bien derrière les rideaux et son suicide est traité avec une délicatesse profondément triste. Non seulement Dalida nous dresse un portrait d’une icône de la chanson, du charisme et de la gloire, mais l’esquisse de toute une époque s’y cache aussi derrière. Peut-être sommes-nous trop jeunes pour en avoir apprécié le phénomène lorsqu’il était de son vivant, mais nous ne sommes certainement pas trop jeunes pour le découvrir. Je vous jure, il s’agit bien plus que d’un simple film à voir.

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