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Je stalk, tu stalk, nous stalkons

Stalking : (tiré de l’anglais) l’action d’un individu qui épie, via les réseaux sociaux, une personne qui présente un certain intérêt pour lui (ex. un crush, un/une ex-amoureux/amoureuse, un rival, etc.) afin d’en apprendre plus sur cette dite personne. Le stalking, parfois connu aussi comme lurking, se veut généralement innocent, bien que certains pratiquants aient des intentions discutables. Le stalker exerce son art de manière à demeurer invisible.


Je regarde le profil qui s’affiche sur mon écran, pis je me demande comment je suis arrivée là, c’est-à-dire dans des photos qui remontent à 74 semaines sur le Instagram de l’ex de la sœur de l’ami de la fille de mon cours de psycho, et j’exagère à peine. Je te l’accorde, ça semble intense (lire : limite creepy) mais fais-moi pas tes gros yeux d’indignation derrière ton écran : je suis à peu près sûre que toi aussi tu t’es déjà retrouvé dans une situation semblable.

Le stalking, c’est le plaisir coupable de l’ère numérique où tout est à portée de doigt. Il suffit de quelques clics pour connaître le bar préféré de quelqu’un, le nom de sa troisième cousine du côté de sa mère ou les détails de son voyage de méditation en Inde au printemps 2014. C’est presque devenu un réflexe : une conversation entre amis, un nom qui ressort à travers tout ça et hop, te voilà en train de remonter la page Facebook de la personne, d’analyser ses photos de profil, puis avant même que tu t’en aperçoives, te voilà rendu sur la page de son frère ou de son band de musique indie, juste pour assouvir ta curiosité.

Tu peux l’avouer, c’est correct, on est juste entre nous : on a tous déjà stalké d’une manière ou d’une autre, et sûrement plus d’une fois. C’est presque une fierté de dénicher des informations bien enfouies entre un partage de vidéo de chat pis un statut humoristique, de découvrir des choses cachées sur une personne. On se dit que c’est facile et que ça passe le temps, que y’a rien de mal à ça. Mais c’est là où on se trompe.

Parce que ça peut être assez addictif, le stalking. Juste le fait de passer à un cheveu d’aimer une vieille publication d’un crush peut être suffisant pour te donner un rush d’excitation pis de stress! Non mais, qu’on se le dise, quelle satisfaction de scruter le profil de ton ex pour voir ses nouveaux likes… jusqu’au jour où tu tombes sur une nouvelle photo de lui et d’une fille, bien enlacés, au bord du lac où il t’amenait. Ça pince l’orgueil et le cœur; y’a des choses parfois qu’il vaut mieux ne pas voir ou savoir.

Ou encore, dois-je parler de cette malsaine habitude que nous avons de nous comparer? Est-ce qu’on se sent vraiment mieux quand on ratisse de fond en comble le profil de la fille qui nous bitchait au secondaire, à vouloir lui trouver un mauvais angle qui fait sortir un double menton, juste pour se trouver plus belle? Et le contraire est tout aussi vrai : quand on n’essaie pas de se remonter l’estime à coup de selfies, on se dénigre en regardant les photos « parfaites », parce que l’herbe est toujours plus verte dans le compte Instagram du voisin!

En prenant une certaine distance, je constate que cette pratique est questionnable et qu’il y a plusieurs points négatifs… pourtant, je sais que ce n’est qu’une question de temps avant que mes doigts tapent un nouveau nom dans ma barre de recherche afin de voir ce que ses publications ont à me dire sur ses intérêts et sa vie, même si les médias sociaux sont parfois des miroirs déformants loin d’être fidèles à la réalité.

Au final, je crois que le stalking se trouve dans une zone grise un peu taboue : on le fait tous, mais peu osent l’assumer. En fait, tant que c’est fait sans mauvaises intentions et avec une curiosité normale, pour mettre un visage sur un nom ou juste parce qu’une personne te semble intéressante, c’est parfaitement acceptable selon moi! Il faut faire attention de ne pas tomber dans l’obsession et de ne pas se comparer avec tout ce qu’on voit. Reste dans le légal surtout; t’sais, tu peux suivre quelqu’un sur Instagram, mais suivre la personne dans la rue jusqu’à chez elle, C’EST NON!

Bon stalking, la gang, avec modération!

(Ah pis, conseil d’amie, oublie pas que si toi tu stalk, y’a des bonnes chances que tu te fasses aussi stalker : alors, qu’as-tu à montrer au monde?)

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