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La Nouvelle-Orléans : de la chaleur, de la slush, pis des alligators

La Nouvelle-Orléans, c’est une ville populaire de l’État de la Louisiane, qui est connue entre autres, pour l’emblématique mardi gras, l’ouragan Katrina, le jazz, et sa population très hétéroclite. On voulait partir une semaine, les billets d’avion coûtaient quasiment rien, autour de 380 $ pour l’aller-retour, fly been, nous y étions donc, dans le bayou.

D’abord colonisée par les français, dû à son importance dans la traite des fourrures, la ville conserve encore aujourd’hui un quartier reconnu, le French Quarter, quelques pâtés de maisons à la française, avec une architecture coloniale magnifique. Vendue aux États‑Unis en 1803, la Nouvelle-Orléans devient un bastion important de la population afro-américaine (en partie descendants de créoles français et cubains). Son lourd passé esclavagiste en aura fait une ville à l’importance décuplée.


Le French Quarter

Nous y voilà donc, à l’été 2015, Gab, Anma, pis moi. On avait loué des lits dans un dortoir pour les premiers jours du voyage, un hostel très chill avec une merveilleuse piscine (un avantage miraculeux vu la température), et on avait gardé quelques jours de libres dans la semaine pour louer un char pis partir en roadtrip.

Si je parlais de piscine avec autant d’assiduité, c’est parce que la Nouvelle-Orléans, c’est pas mal plus une ville nocturne, dans laquelle on va pour faire la fête, mais toute qu’une fête. La piscine là-dedans, on y était chaque après-midi. Pm, piscine. Le matin, dodo. Le soir, Hurricane. Ça, c’est une slush qui te laisse la bouche rouge toute la soirée, parce que tu en consommes en moyenne plus d’une. C’est du rhum, camouflé dans un breuvage qui semble inoffensif. Tu l’achètes dans le bar-stand-à-breuvages-glacés, pis tu te promènes dans la rue sans problème, partout des fêtards, certains, bien évidemment, qui te font changer de rue. Mais ce qui ressort de cet engourdissement du cerveau, et la ville est reconnue depuis des lustres pour sa vie festive, c’est cette magie qui naît dans le dépaysement profond. Le jazz qui t’enivre et te fait danser dans les rues à trois heures du matin, les diseuses de bonne aventure à chaque coin de rue, les magasins de magie dans des petits recoins sales, la groove de la population métissée au coton. (M’excuse)

On a mangé du cajun en masse, la végétarienne que je suis s’en est sortie avec les meilleures frites épicées pis des omelettes à la salsa ben bonnes. Pis on a bu, et rebu.

Gab pis moi on avait trouvé un magasin de magie dans lequel ils avaient des échantillons de potion de Marie Laveau, la fameuse sorcière Voodoo. Chaque jour, on y repassait, en s’aspergeant de nos souhaits de to find the good one, to have a crazy night, to have the career I want…  Et de super magiques qu’on devenait, on ressortait de là, prêtes pour la journée. Notre hostel, le India House, situé dans le Mid-City, était joignable à bord des streetcars, tramways rouges aux allures très coquettes.


Les streetcars

Après ces quelques jours de débauche, on a quitté la ville folle pour satisfaire nos têtes curieuses. On a visité Oak Valley, une plantation de cannes à sucre située à North Vacherie et revisitée récemment dans le vidéoclip Déjà vu de Beyoncé. Un paysage digne du film Twelve years a slave, avec les maisons horriblement riches qui supplantent les petites cabanes des esclaves… On a aussi voulu voir des alligators, t’sais tant qu’à être là. Mais vu qu’Anma était là, on n’a pas réussi, du moins à voir des gros. Y’avait que des bébés qui sortaient pas vraiment de l’eau. On a appris plus tard que c’était mieux d’y aller le soir, parce qu’il fait trop chaud l’après-midi pour voir les mastodontes, qui préfèrent la fraîcheur du fond de bouette. Anma, la seule fille avec qui tu peux ne pas voir d’alligators en Louisiane et ne pas voir de baleines en Gaspésie… Mais les bayous valent le détour, reptiles ou pas. Rien que voir les arbres monumentaux qui sortent des canaux, les oiseaux, les nénuphars, pis les guides avec des accents ultra-creux, ça valait la peine. Après, on s’est rendu voir les ancêtres Leblanc de Gab dans un village touristique, mais comme on était hors-saison, y’avaient pas ben ben d’animation… Sauf celle visible dans ses yeux, étincelants devant la possibilité d’un héritage.


Oak Valley

Le détour vers La Fayette aura aussi été plutôt désert, tout comme la plupart des autres villes, depuis l’ouragan. Il paraît qu’environ un million de Louisianais ont été déplacés après son passage. Ça laisse des paysages de maisons abandonnées, de roulottes pis de maisons mobiles un peu partout… Ben doux-amer au final, mais un peu plus sucré quand tu leur fais hommage en buvant un Hurricane.

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Source photo couverture

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