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Casser avec soi-même

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’amour.

Je vous parle souvent d’amour, vous me direz sans doute. C’est vrai, mais avez-vous remarqué à quel point je vous parle souvent d’amour de l’autre? Je décortique comment tomber en amour, quoi faire quand on l’est, comment gérer quand on ne l’est plus… mais, rarement, moi, mais en général aussi, parle-t-on de la relation la plus importante dans nos vies : celle avec soi-même.

C’est important d’y penser. On est la personne avec qui on passe le plus de temps, au final. J’ai réalisé récemment, en me regardant, mais aussi mes amis et la société, qu’on est tellement plus exigeant avec nous-mêmes qu’avec les autres. Vous me direz que c’est un fait connu, mais est-ce que le fait que ça soit reconnu rend ça correct? J’aurais tendance à dire que non.

Prenons une relation où la personne fait toujours passer nos besoins en deuxième, nous diminue verbalement, nous critique constamment, autant physiquement que mentalement et nous compare aux autres à la baisse. Je pense que la majorité d’entre nous s’entendraient pour dire que ce n’est pas une relation saine, vrai?

Pourtant, c’est ainsi que la plupart d’entre nous agissons envers nous-mêmes. On met en avant-plan les besoins des autres dans nos relations, nos amitiés et notre emploi, au lieu de s’écouter une fois de temps en temps. On se tient devant le miroir après la douche à décortiquer chaque pli de peau de trop ou le manque de longueur dans nos jambes, au lieu d’apprécier le fait qu’elles nous permettent de parcourir le monde, de courir, de danser. On se juge, on critique la grosseur de nos biceps au lieu d’être reconnaissants de la force de nos bras, du fait qu’ils permettent de lancer un frisbee sur une plage l’été et de serrer fort les gens qu’on aime. On se couche le soir et on fait défiler devant nos yeux endormis les milliers, les millions de photos de gens qui l’ont plus que nous dans la vie, qui sont plus beaux, plus riches, plus minces… et qui eux-mêmes défilent chez eux des milliers de photos de gens qu’ils trouvent plus beaux, plus riches, plus minces. On vit dans une espèce de cercle vicieux où l’on n’est jamais assez, et on est constamment là pour se le rappeler.

L’affaire, c’est qu’on peut se sortir d’une relation malsaine avec une autre personne, mais c’est beaucoup plus difficile de se défaire de la relation malsaine qu’on entretient avec soi-même. J’ai eu une discussion intéressante récemment avec quelqu’un qui m’a expliqué que, pour lui, ce qui est le plus important en affaires, c’est de montrer sa vulnérabilité. En gros, il disait qu’être vulnérable montre que tu es accessible et qu’on ne le fait pas assez. C’est ainsi que les gens peuvent vraiment connecter et se faire mutuellement confiance.

Ça m’a touché, ce qu’il disait, parce que c’est vrai et parce qu’on le fait trop peu. Dans ce monde de glorification de la confiance, voire de l’arrogance, je vous encourage à faire le contraire. Le but, ce n’est pas de faire comme si on n’avait pas de failles, ni non plus de laisser nos failles nous détruire, mais bien simplement de les accepter, de les exposer et d’apprendre à les gérer. On dit souvent que lorsqu’on aime quelqu’un, leurs petits défauts deviennent adorables, qu’on les aime grâce à leurs qualités, mais justement aussi à cause de ces défauts qui les rendent qui ils sont. Pourquoi est-ce qu’on est capable de le faire avec un chum, une blonde ou un ami, mais qu’on est incapable de le faire avec soi-même?

Est-ce parce qu’on est trop difficile avec nous-même ou juste parce qu’on ne s’aime pas assez?

On passe tellement de temps à aimer les autres, à liker leurs photos, à les écouter parler de leurs problèmes, à être présents pour eux. On donne tellement, mais il ne faudrait peut-être pas oublier que ça ne nous rend pas égoïste de garder un peu de cet amour pour nous. Ça ferait peut-être juste de nous des gens plus heureux.

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