Menu

Le deuil d’une mère : un jour à la fois

Je pensais que perdre ma mère subitement allait être comme un coup de poing. Un de ces coups de poing qui te fait osciller puis tomber par terre pour finir par terre. Samedi 20 mai, 13h29, je recevais le pire appel de ma vie; celui qui allait m’annoncer que celle qui m’avait mise au monde l’avait quitté. Sans que personne ne s’en rende compte, doucement. Ma mère aura souffert toute sa vie, sauf dans la mort.

J’attends encore le coup de poing. Pour l’instant, c’est plus comme des immenses vagues qui se succèdent. C’est comme si elles m’attendaient dans un coin de rue ou dans un rêve pour me frapper aux pires moments. À l’épicerie, quand je suis dans l’allée des Cheerios qui composaient 50% de son alimentation. Quand je tombe sur un documentaire animalier, parce qu’elle les écoutait tous. Quand ma marraine m’appelle et me dit « salut ma chouette » pareille comme Maman qui ne me le dira plus jamais.

J’ai un petit monument de colombe en faux marbre avec une partie des cendres. Je l’ai mis sur mon meuble d’entrée; j’hésite toujours entre le flatter ou le fixer avec haine, parce que j’aimerais tant qu’elle revienne. Je ne peux pas croire que ses 57 ans de vie tiennent maintenant dans ma paume de main.

Le pire c’est quand je pense à tout ce qu’elle n’aura pas eu le temps de me voir accomplir. Fille unique, ma mère m’a toujours dit qu’elle avait si hâte de me voir faire ma carrière, me marier et avoir des enfants. Elle aurait été la grand-mère la plus drôle et « malaisante » au monde. J’ai toujours le réflexe de l’appeler pour lui donner des nouvelles, avant que cela me coupe le souffle; elle ne répondra pas.

Je n’ai presque pas réussi à pleurer depuis. C’est comme si je n’avais pas encore réalisé. Les larmes coulent sur mes joues, car en me remémorant ces sentiments, j’ai l’impression de sentir sa présence si proche. Ça me déchire. C’est la plus grosse épreuve de ma vie et je dois apprendre à dealer sans elle pour la vivre.

Ironiquement, je l’aurai vu pour la dernière fois à la fête des Mères. Et les fleurs que je lui avais offertes auront vécu plus longtemps qu’elle. Maman, tu seras toujours ma fleur éternelle.

Source photo de couverture

2 thoughts on “Le deuil d’une mère : un jour à la fois

  1. Toute ma sympathie chère demoiselle. Vous avez eu une belle relation avec votre mère et ce lien d’amour dans l’âme sera présent dans votre coeur pour l’éternité. Elle sera encore plus près de vous! Elle vous accompagnera au besoin, à chaque fois que vous le souhaitez. Elle est certainement très très fière de sa fille. Vous faites bien d’honorer sa mémoire. La douleur présente laissera place aux beaux souvenirs. Bon courage!

  2. C’est fou comme j’ai l’impression que c’est mon histoire à l’exception des fleurs et de Noël à la place de la fête des Mères. Lorsque j’ai lu ton texte j’ai eu pour la première fois depuis sa mort la sensation de ne pas être seule à ressentir ça et ça m’a fait du bien merci pour ton texte.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de