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Nos plumes comme des armes

J’aime pas ça me sentir impuissante. Impuissante face aux horreurs de la vie, face à l’intolérance, face au racisme et à la xénophobie. « Phobie », quelle bonne blague. Impuissante, car je sais que je ne suis qu’une seule personne parmi tant d’autres dans ce monde, et que ma contribution n’est qu’un grain de sable qui tombe dans un océan. À peine une ondulation. Mais j’ai toujours su que je voulais changer le monde, pour le mieux. Je ne savais juste pas comment m’y prendre pour atteindre un but si immense.

C’est le 30 janvier, une journée après les attentats à la mosquée de Québec, qu’on m’a ajoutée dans un groupe Facebook pour un projet de zine de poésie au féminin, inclusif et bilingue. La journaliste Elisabeth Massicolli, la femme derrière ce projet, était plus que tannée de la condition du monde et a voulu changer ça, à sa manière. 400 femmes dans un même groupe. C’était beau de lire et d’apprécier de nombreux textes et illustrations qui se faisaient publier dans le groupe. Mais par souci d’espace, ce n’était pas toutes les oeuvres qui pourraient être imprimées. Et puisque c’est tout de même un recueil contre l’intolérance, Elisabeth s’est dit qu’elle ne publierait pas le recueil s’il n’y avait pas au moins 60 % de femmes issues de minorités qui l’écrivaient ou l’illustraient. Alors, au final, c’est 33 textes sur plus de 75 soumissions et 17 illustrations sur près de 30 soumissions qui ont été choisis pour faire partie du recueil intitulé Nos plumes comme des armes /// Our Words as Weapons.

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Crédit photo : Trina Chen-Cormier

Elisabeth avait demandé aux artistes dans l’âme de soumettre des textes et des illustrations. De prendre nos plumes et nos pinceaux et de nous défouler. De laisser sortir la rage qui nous habite face au climat social actuel.

Alors c’est ce que j’ai fait. Pour toutes les personnes dans ma vie qui m’ont fait sentir que je n’étais pas assez Québécoise ou pas assez Taïwanaise. Pour tous ceux qui m’ont donné l’impression que je devais choisir un ou l’autre, que je ne pouvais pas être les deux. Pour tous ceux qui m’ont fait remettre en question qui j’étais vraiment et à quel groupe j’appartenais. Pour toutes ces personnes-là, j’ai écrit. J’ai laissé sortir tous les mots que j’aurais voulu leur jeter en pleine face. Et maintenant, ces mots sont imprimés dans le recueil.

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Crédit photo : Trina Chen-Cormier

Le lancement du recueil a eu lieu le 14 juin dernier à l’Apt. 200 à Montréal. Quel beau rassemblement! Des gens de tous les horizons unis pour la même cause : lutter contre le climat social actuel.

Laissez votre petit grain de sable en vous procurant le recueil ICI. Tous les profits engendrés seront remis à trois organismes, soit Action Réfugiés Montréal, Helem Montréal et le Centre multiethnique de Québec.

Je peux pas changer le monde au complet. Mais j’aime bien croire que je vais le changer un tout petit peu à ma manière, et c’est juste de ça que j’ai besoin.

Crédit photo pour la couverture : Elisabeth Massicolli

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