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Ode aux bons gars

J’ai commencé ce texte, parce que j’en regardais passer d’autres sur mon fil d’actualité et je trouvais qu’on chialait beaucoup. À propos de tout, mais surtout des garçons. C’est correct de chialer, comprenez-moi bien, mais il semble qu’on ne manque jamais de raison pour dire à quel point les hommes ne sont pas assez biens. À notre défense, certains s’assurent constamment de nous le rappeler, mais, ce que je trouve qui manque un peu dans tout ça, c’est du positif. Ce n’est pas vrai que ce sont tous des trous de cul, mais, tout comme on ne parle que d’attentats terroristes et de bombes aux nouvelles, on ne parle que des garçons qui nous brisent en deux. C’est le mauvais qui fait couler de l’encre ; peut-être que c’est un peu pourquoi on est une génération si pessimiste en amour. Il ne manque pas de bonté ni de beauté autour de nous, on oublie juste parfois d’en parler.

Donc, aujourd’hui, au lieu de chialer, je vais dire merci. C’est un petit mot, fort simple, mais qui tombe souvent dans l’oubli.

Merci à celui qui écoute sans relâche, celui qui me fait rire, celui qui est toujours là quand ça va mal. Celui qui m’ouvre la porte quand j’entre à l’épicerie, même s’il sait que je suis féministe, parce qu’au fond il sait que ça me fait plaisir quand même pis que ça fait pas de moi une femme moins forte.

Merci à celui qui texte « Bon matin » juste parce que, celui qui laisse des frites dans son assiette, parce qu’il sait que j’en commanderai pas, mais que je vais en vouloir pareil pis que je vais me sentir moins coupable si je les vole dans son assiette à lui.

Merci à celui qui me dit que je suis belle pis brillante pis qui se fâche de la façon dont les gars me traitent, parfois. Celui qui me dit que, si le dude m’aimait pour vrai, il ne me traiterait pas comme ça ; que ce n’est pas comme ça qu’on traite quelqu’un qu’on aime, que ce n’est pas un truc de gars, c’est juste un truc de trou de cul pis qu’il faut surtout pas mélanger les affaires.

Merci à celui qui me dit d’attendre le bon, celui qui me paye ma bière quand ça feel pas pis qui me colle sans que j’aie peur que ça veuille dire plus pour lui, sans que je me demande si je vais lui devoir quelque chose après. Celui qui ne me voit pas comme un objet, mais comme une personne qui, comme toute personne, a besoin de réconfort des fois.

Merci à celui qui est capable de me donner des reality check, mais qui peut aussi me laisser pleurer pis dire que, les gars, c’est d’la marde, même s’il est lui même un gars pis que, même si, moi, je l’oublie le temps de ma grande tristesse, lui s’en souvient encore.

Tous ces mercis, tous ces celui, ce n’est pas juste une personne : ce sont tous les gars qui sont de bons gars et qu’on ne remercie pas assez d’être qui ils sont. D’être là, d’écouter, de soutenir, de parler, mais aussi de savoir quand c’est le temps d’être présent.

Ils sont là, les bons gars, dans nos vies : nos amis, nos pères, nos frères… nos dates, ceux avec qui ça ne marche pas, mais qui demeurent courtois, galants, gentils et qui comprennent même quand on leur brise le cœur. Ceux avec qui ça marche aussi, ceux qui nous font dire, finalement, après tout ce temps : « Ah, c’était pour ça que j’attendais. C’était toi que j’attendais. »

Pour toutes les fois où vous avez été là, en amis, en amour, pour toutes les fois où j’ai préféré aller me péter la gueule ailleurs et que vous avez quand même été là après, même si vous m’aviez averti, même si on avait déjà parlé, même si ce n’était pas la première fois.

Pour toutes les fois où vous serez encore là, merci.

Merci.

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