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Vivre avec un animal handicapé

Lui, c’est Boris. Y’est beau, hein?

teckel animal handicapé

Boris est un teckel de 8 ans. C’est un clown, un psychologue et l’ami le plus fidèle qui soit.

Boris est aussi handicapé.

On va mettre ça au clair tout de suite : si vous n’êtes pas un amoureux des animaux, si pour vous, avoir un chien représente plus un fardeau qu’un plaisir et surtout si, advenant qu’un vétérinaire vous donne un jour le terrible choix de faire opérer votre chien ou de le faire euthanasier, vous choisiriez sans trop de remords la seconde option, arrêtez tout de suite de lire. Pis pas de stress : chacun ses choix. Les deux tiers des gens prendraient la même décision. C’est juste que, si vous poursuivez votre lecture, vous risquez de me trouver beaucoup trop intense.

Dire que je suis une amoureuse des animaux, c’est un peu comme affirmer que l’univers est immense ou que le lundi n’est pas le jour le plus hot de la semaine : c’est plus un fait qu’une simple possibilité. Quand, en 2014, la vétérinaire m’a donné son pronostic concernant l’état de Boris et de ses douleurs au dos, mon cœur s’est ramassé en bouillie quelque part dans le fond de mes bottes : hernies discales très douloureuses pouvant mener à la paralysie des pattes arrière.

Mes pensées gravitant quelque part entre le bruit des néons au plafond et le froid de la table en stainless sur laquelle j’étais appuyée, j’ai dit OK pour l’opération.

On opère… C’est la bonne décision pour lui? Il va arrêter de souffrir? T’es prête à tout ce que ça implique : la réadaptation après l’opération, les médicaments, les suivis, les restrictions, les gros frais, les petites inquiétudes quotidiennes et surtout l’angoisse que le même problème revienne un jour? Parce que, mine de rien, y’en a de la vertèbre dans ce p’tit dos-là!

C’est bien connu, beaucoup de gens malades ou souffrants deviennent encore plus angoissés à force de consulter tous les sites en lien avec leur problème. Moi, j’ai épluché Internet en long et en large pour en apprendre plus sur les problèmes de dos chez les teckels. Je dois avouer que ça m’a rendue 2/3 traumatisée pour 1/3 réconfortée. Chaque race de chien à ses tares génétiques : celle des merveilleux chiens-saucisses, c’est les hernies discales. Ils sont trop longs pour rien. J’ai trouvé quelques cas encourageants… mais pas tant non plus. Mais fuck, jamais j’aurais pu me pardonner de ne pas avoir tout essayé.

Boris, c’est :

– Mon meilleur ami. Je sais, c’est cliché. Mais c’est juste exactement ça.

– Celui qui regarde la porte de la salle de bain avec désarroi quand j’y entre, comme si jamais j’allais en ressortir vivante.

– Un clown et un psychologue des plus efficaces qui soient (payables en croquettes).

– Le seul être vivant au monde qui peut, à l’occasion, faire caca sur le tapis sans que je pète une coche.

– Une bouillotte avec des yeux amoureux quand j’ai mal au ventre.

– Mon chum de brosse. Lui n’est jamais saoul, mais il a plus ou moins l’intelligence de Rantanplan, ce qui est un équivalent.

– Le chien qui récolte le plus de : « Ahhh! Regarde comment y’est cute ». Mon ex l’appelait « La Vedette ». C’est pas pour rien.

– Le seul mâle qui, à la fin de chaque party, peut se vanter de s’être fait coller par toutes les filles pis de sentir un amalgame de tous leurs parfums respectifs.

Mais aujourd’hui, vivre avec Boris, c’est aussi :

– Avoir un p’tit chien qui ne maîtrise pas parfaitement une de ses pattes arrière.

– Être encore plus mère poule que toutes mes amies « mômans » rassemblées.

– Ne pas pouvoir le laisser monter et descendre des marches ou sauter sur le divan.

– Ne plus avoir de lit : juste un matelas par terre pour qu’il puisse venir se coucher.

– Avoir des rampes d’accès un peu partout dans l’appart pour qu’il puisse monter où il veut.

– Avoir 60 pieds d’un magnifique tapis commercial gris à la grandeur de l’appart pour ne pas qu’il dérape quand il spin trop en courant après le chat.

– Lui faire faire de l’acupuncture à l’occasion. (Ben oui… je croyais même pas à ça moi, l’acupuncture… Coudonc!)

– Devoir mettre une clôture tous les soirs, à côté du lit, pour être certaine qu’il parte pas à la course comme un débile s’il entend le facteur le lendemain matin. Toujours très cool d’avoir à expliquer tout ça quand tu ramènes une date à la maison…

– Des médicaments 3 fois par jour pour être bien sûre qu’il n’a plus aucune douleur.

– Être presque chummy-chummy avec tout le personnel de l’hôpital vétérinaire de Saint-Hyacinthe (que je remercie encore pour leur gentillesse et leurs soins exemplaires).

– Avoir un dossier ouvert au nom de Boris dans presque toutes les cliniques vétérinaires de la ville de Québec et connaître leurs numéros de téléphone par cœur. Vous me testerez.

Pour ceux qui se disent : « Pauvre chien! Il doit pas avoir une belle qualité de vie! », ben vous êtes dans le champ. Il joue, il tripe sa vie pis il a pas mal plus d’amour et d’attention que bien des gens n’en auront jamais. Vous demanderez à sa sœur s’il n’est pas « en feu » quand ils jouent ensemble. Bon, c’est un chat, mais on vit dans un monde de familles reconstituées.

Quand vous décidez de prendre un animal de compagnie, assurez-vous simplement d’être prêts à tout. Un animal, ça demande plus que de l’eau et un peu de bouffe. Choisissez bien la race : renseignez-vous sur ses problèmes particuliers. Quand je croise des gens qui me disent qu’ils pensent avoir un teckel parce qu’ils sont « trop mignons », je peux juste répondre que oui, mais que ça prend plus que ça comme raison.

Aimez-les le plus possible parce qu’ils ne dépendent que de vous.

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