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Voyager sur l’eau

C’est avec l’équilibre encore un peu chambranlant que j’écris ces quelques lignes. C’est surtout quand je suis dans des endroits clos, une douche par exemple, ou quand je ferme les yeux. Ça balance de gauche à droite, je sens encore les vagues, j’ai le mal de terre.

Ça ne restera pas longtemps, peut-être deux ou trois jours, juste assez pour me permettre de faire la transition en douceur, après neuf jours à naviguer sur le St-Laurent.

Je suis montée à bord d’un voilier tempête aux couleurs d’un soleil couchant. Sa coque a vogué d’un bout à l’autre du monde et ses voiles ont déjà hâte de repartir loin, très loin.

Son capitaine qui a l’âme d’un bohème a les yeux brillants et des histoires plein la tête. Souvent, quand le Jameson lui a réchauffé la langue, il me raconte ses grands projets de voyage et mon coeur s’emballe et mes yeux s’allument. Ce gars-là m’inspire et me plaît. Sans que je m’en rende vraiment compte, mes pieds marins ont trouvé refuge au milieu de son rêve.

Je l’ai laissé me guider au gré des vents et des marées.

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Les journées s’écoulaient sans qu’on remarque vraiment les heures. Notre seul rapport au temps était l’horaire des marées, pour le reste, le soleil était notre guide : quand il se levait, on se levait; quand il était à son zénith, on dînait; quand il commençait à baisser, on prenait l’apéro; et après… ça dépendait de l’apéro!

ciel nuages voilier mat

On passait la plus grande partie de notre temps à l’extérieur, mais quand le temps était trop mauvais, l’intérieur du bateau devenait notre repaire. Malgré l’espace restreint, je m’y suis très vite sentie chez moi, chez nous.

intérieur voilier lit

Souvent on naviguait toute la journée et en fin d’après-midi on se posait à une marina ou on jetait l’ancre dans une petite baie pour y passer la nuit. D’autres fois, il fallait attendre une journée entière que le vent vire, ou tombe, ou se lève pour pouvoir repartir. Alors on jouait de la musique, on faisait une sieste, on lisait, on s’aimait.

Derrière nous, les nuages bleus, sombres

Devant, le soleil couchant, clair

Au loin, quelques montagnes

Sur les rives, quelques maisons de campagne

Les bourrasques ont cessé, enfin

On l’attendait depuis des heures, la tranquillité

 

Le courant aussi s’est calmé,

On s’est regardé dans les yeux, sans faire trop de vagues

Mais de toute façon, personne ne nous entendait

On pouvait bien s’aimer comme on voulait

 

À l’aube, on lèvera l’ancre

 Et le vent sera bon

voilier fleuve guitare

Le monde de la voile m’est encore inconnu à bien des niveaux, mais sur ma to do list de choses extravagantes à faire au moins une fois dans ma vie, j’ai la case in-cochée de : « faire le tour du monde en voilier ». Un peu intense, je sais. Je suis comme ça : intense… et rêveuse alors j’apprends tranquillement.

À ce jour, je sais faire le noeud de cabestan, le noeud en huit, le noeud plat et le noeud de chaise; je sais border ou choquer une écoute, amarrer à quai, jeter l’ancre et même barrer…

Mais surtout, je sais que mon coeur trépigne d’impatience de repartir à l’aventure, mes yeux ont soif de voir de nouveaux horizons, mes cheveux et mes joues attentent avec hâte de sentir des vents d’ailleurs les fouetter doucement.

Je rêve déjà à notre prochain voyage… sur l’eau.

Crédits photo : Héra Ménard

 

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