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Quand la fréquentation meurt

Salut. As-tu un peu de temps, toi qui as déjà été la fréquentation de quelqu’un et qui n’as jamais pu changer ce titre-là avant que l’autre ne vienne y mettre fin?

J’veux te parler, oui, mais j’veux surtout tout de suite te dire que peu importe ce que tu aurais fait pour passer à l’autre étape, eh bien ça n’aurait pas été suffisant. T’aurais pu lui décrocher Pluton (ça c’est encore plus loin que la lune) qu’elle t’aurait fait comprendre que t’étais pas la bonne quand même. Pis même si tu le sais déjà (malgré que t’as peut-être pensé le contraire à un certain moment), ben reste comme tu es. Ne change pas pour personne.

Je ne veux pas généraliser.

Mais on a tous déjà été la bouée, le « en attendant », le « bah, pourquoi pas » de quelqu’un.

On a tous déjà rejeté cette belle et bonne personne gentille, avec de belles valeurs et une affinité sexuelle au top qui nous faisait sentir tellement important, sa priorité numéro 1, mais avec qui on ne ressentait pas le « oumpffff » amoureux dans notre cœur.

Mauvais timing? On n’était pas prêt à vivre une relation? On avait peut-être juste carrément la chienne de l’amour? Peu importe la raison, dans mon cas, quelques fois, ça m’a autant fait souffrir, sinon plus, que la personne que j’ai dû laisser tomber.

C’est pas toi, c’est moi.

Le rejet fait mal même lorsqu’on a rien fait de mal, justement. Il est encore plus incompréhensible, sûrement dû au fait qu’on ne voit pas ce qu’on a fait de pas correct ou ce qu’on aurait pu faire de plus. Il n’en est rien.

Cette personne faisait et aurait tout fait pour toi de façon systématique, avec comme motivation sa simple générosité, mais ça ne suffisait pas.

Elle te prenait comme tu étais, avec tes qualités (qu’elle aimait dont ben!) et tes défauts (pour lesquels elle faisait comme s’ils n’existaient pas).

Elle te faisait sentir comme si tu étais la seule et unique personne au monde pour qui son regard n’avait d’yeux que pour toi. Mais ça ne suffisait pas non plus. Rien n’aurait suffi.

Oui mais, Pat, donne-lui une chance.

Malheureusement non.

Et pas que je ne voulais pas.

Aussi sans-cœur et égoïste que cela puisse paraître, je devais à un certain moment donné me forcer à le faire, et tant qu’à ça, aussi bien passer à autre chose. En amour, je ne recherche pas d’étincelles, mais plutôt l’explosion. Oui je sais, je me brûlerai souvent pour y parvenir, mais c’est ce qui me motive, me pousse à tout faire pour elle sans le moindre effort, me fait me surpasser en tant qu’amoureux à lui montrer le meilleur de moi-même et à m’améliorer constamment pour faire de moi une meilleure personne à lui offrir.

Depuis mon premier sentiment amoureux, j’ai toujours eu cette façon de vivre chacun d’entre eux à 100 milles à l’heure. J’avais pas mal de temps à rattraper, car ce fût assez long à démarrer pour moi, la réciprocité des sentiments amoureux.

À l’adolescence, dans les partys, j’étais toujours entouré de filles parce que je les faisais rire… mais elles quittaient toutes avec leurs chums à la fin de la soirée (c’est fou comme certaines filles n’aiment vraiment pas les coupes afro et les pinchs mous).

À 16 ans, j’aimais mieux aller jouer aux cartes ou aux dés avec ma tante les samedis soir que d’être avec mes amis.

J’ai eu quelques relations qui ont été des feux de pailles, certes, mais au moins y aura eu le feu. Pis dans certains cas, la paille a brûlé plus longtemps que d’autres. Je n’aurai jamais vu quelqu’un sans en avoir eu l’envie. Et croyez-moi que c’était toutes de belles et bonnes personnes, mais ça s’estompait. Ne laissons pas le sentiment d’être rejeté nous envahir. C’est fou comme on a tendance à nous remettre en question dans ces moments. Mais souvenons-nous que les mots « rejet » et « mauvais » ne sont qu’une rime, pas des synonymes.

Plusieurs personnes ne recherchent qu’un compagnon de vie avec qui seulement être bien, et je respecte ça. Personne ne peut juger de ce qui rend quelqu’un d’autre heureux. Le quota de bonheur de chacun lui est propre. La façon de remplir notre sac à joies nous est unique.

Pour ma part, je suis incapable de me contenter de peu en amour, car je ne serais pas un bon amoureux et encore moins un bon amant. D’ici là, je patiente en attendant la perle rare qui saura enflammer chaque partie de moi le plus longtemps possible, car la vraie perle qui m’est destinée ne s’abîmera pas au contact du feu que provoquera notre rencontre, mais s’éblouira à mesure que nous serons unis.

Tu seras ma fréquentation en espérant que tu deviennes pour toujours ma « fréquententation ». Nous aurons alors la sensation que cet épisode de rejet était nécessaire afin de nous permettre de découvrir ce moment qui nous sera très cher.

Par Patrick Laperrière

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