Menu

Partir enseigner dans l’Ouest canadien

Ici, je m’adresse à plein de monde. Je m’adresse à toi qui n’as pas de plans professionnels stables pour l’année à venir et qui recherches une aventure hors du commun, à toi qui aurais envie de faire le grand saut, mais qui as besoin d’un petit boost de motivation, à toutes ces nouvelles personnes que j’ai rencontrées dans l’Ouest et qui m’ont remonté le moral lors des journées plus difficiles et, bien sûr, à mes premiers élèves en carrière qui ont rendu mon expérience mémorable.

L’an dernier, comme je diplômais en enseignement en adaptation scolaire et sociale, j’ai décidé que j’avais besoin d’aventures. Sur un coup de tête, j’ai appliqué sur un poste dans la petite ville de Quesnel en Colombie-Britannique. Bien que ça n’a pas toujours été facile d’être loin des gens que j’aime, l’expérience, tant au niveau social que professionnel, en valait vraiment la peine.

Il y a environ un mois de cela, nous vivions notre dernière journée d’école ensemble. Vous, mes premiers élèves de 4e et 5e année, et moi, votre enseignante qu’on peut qualifier de débutante. Il y a tellement de choses que j’aurais aimé vous dire avant de vous laisser partir, mais les émotions que je vivais intérieurement m’empêchaient d’agir.

Vous ne le réalisez sûrement pas mais, tout au long de ma carrière, je sais que vous aurez toujours une place bien particulière dans mon cœur. Je vous dis merci car grâce à vous j’ai grandi. Ayant étudié pour devenir enseignante au secondaire, à la rentrée scolaire, je me suis sentie un peu désemparée lorsque j’étais entourée de 28 mini boules d’émotions prêtes à exploser. Je vous ai enseigné les mathématiques, le français, les sciences, les arts et j’en passe. Au-delà de tout ça, j’étais prête à tout pour que chacun de vous se sente bien dans notre classe. Je voulais vraiment que vous ayez envie de venir à l’école à chaque matin (ou presque). Tout en vous enseignant quotidiennement, je vous ai écoutés, je vous ai consolés, je vous ai observés, je vous ai encouragés et parfois, sans que vous le sachiez, je me suis découragée, je me suis fâchée, j’ai eu envie de pleurer et de tout lâcher. On a tous nos mauvaises journées. Mais une chose est certaine, je vous ai aimés.

Tous uniques en votre genre, jour après jour, sans même le réaliser, vous forgiez votre identité et j’ai envie que vous sachiez que je crois énormément en les petits humains que vous êtes et que vous aspirez à devenir.

  • À vous, mes élèves qui ont des difficultés d’apprentissage, n’oubliez jamais que je crois en vous plus que tout. Il faut savoir utiliser les bonnes stratégies, mais n’en doutez jamais, le succès est à votre portée.
  • À vous, mes élèves trop vites pour la ligue, je dois vous le dire, vous n’avez cessé de m’épater. Je vous remercie d’avoir été patients et de m’avoir aidée tout au long de l’année. J’espère qu’après tout j’aurai tout de même réussi à vous challenger.
  • À vous, mes élèves écorchés pour toutes sortes de raisons qui bien souvent me faisaient me sentir impuissante, je veux que vous sachiez que je me sens privilégiée d’avoir créé avec vous une relation de qualité. Je me sens aussi un peu coupable de vous abandonner, car je sais combien c’est difficile pour vous d’apprendre à faire confiance à un nouvel adulte, mais je sais que d’autres personnes formidables seront mises sur votre chemin afin de vous aider.
  • À vous, mes élèves qui pourraient se glisser entre les murs et la peinture, je veux que vous sachiez que vous n’avez pas besoin de changer. À chacun sa personnalité, et bien qu’on ait peu échangé pendant l’année, je me suis attachée à vous.

Finalement, à vous tous, j’ose espérer que, malgré la distance, j’aurai la chance de vous voir évoluer. Sincèrement, vos petits sourires et votre belle naïveté vont me manquer.

Et à vous, chers Crépu(e)s, que vous travailliez de près ou de loin dans le domaine l’enseignement ou même dans un tout autre domaine professionnel, j’espère que ces quelques mots de nostalgie vont vous interpeller et vous encourager à aller vivre ce genre d’expérience à l’étranger. Pensez-y, vous pourrez voyager et découvrir de nouvelles brides de culture, vous gagnerez de l’expérience dans votre domaine, mais surtout, vous rencontrerez des gens que vous n’oublierez jamais. Je vous le garantis, on en sort changé.


Crédit photo : Marie-Pier Robitaille

One thought on “Partir enseigner dans l’Ouest canadien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2021. Tous droits réservés
Conception de site web - Effet Monstre