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Réquisitoire contre le cellulaire

Vivre sans cellulaire.

Eh oui! Je fais partie de ces bizarres, de ces « arriérés », de ces nostalgiques du bon vieux temps qui vivent sans cellulaire. Dès que ces petites machines se sont mises à envahir les sacoches, les poches, les mains et, surtout, l’attention de tout un chacun, j’ai immédiatement eu des réticences. Et pourtant, un téléphone portable, quoi de plus neutre! C’est un outil, après tout.

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Je ne cacherai pas que mon choix de fuir cette machine a quelque chose qui ne tient pas totalement de la raison. Après tout, il existe beaucoup de personnes qui s’en servent convenablement, c’est-à-dire pour communiquer lorsque cela est nécessaire. C’est lorsque le machin passe outre cette fonction que cela m’exacerbe.

Divertir : La vie au 21e siècle est, à mon avis, truffée de divertissement. Un véritable buffet à volonté. Pas besoin d’avoir la tentation à chaque moment de se divertir toujours plus. Et se divertir de quoi? Juste au-dessus de la patente, il y a le monde qui se donne. Il me contente parfaitement, même lorsqu’il se limite, à travers ma perception, à l’intérieur de autobus. Une partie de la vie sociale s’y déroule et c’est souvent une rare occasion d’être seul avec soi-même, de méditer, de rêvasser.

Surcommuniquer ou sous-communiquer : Je n’ai jamais compris pourquoi les gens avaient ce besoin frénétique de s’envoyer autant d’inepties. Généralement, je n’ai pas, à chaque instant de ma vie, des choses intéressantes à partager, alors je me tais. Et d’ailleurs, lorsque je me retrouve avec d’autres personnes, j’essaie de me concentrer sur celles-ci plutôt que sur une machine impersonnelle qui ne fait que me relier virtuellement à des personnes absentes. La vraie communication, elle se vit entre 4 yeux, via la voix, les gestes, les regards et les réactions. Un texto n’a rien de la complexité et de la qualité d’une authentique rencontre.

Bon, je sais que je tape sur les nerfs de tous mes amis. Ils doivent attendre mes réponses avec des délais. Je peux également être incohérent lorsque je demande à emprunter un téléphone portable quand je suis véritablement dans le besoin. Parfois, Google Maps ne serait pas de trop lorsque je prends la route. Il m’arrive, je dois le confesser, de me dire que 2 ou 3 minutes d’Internet sans réseau serait le bienvenu.

Je ne suis pas fou; un utilisateur modéré des appareils sans fil gagne en liberté et en possibilités. Mais cette même lucidité m’amène également à constater que ma génération et celles qui la suivent sont aux prises avec de graves problème de dépendance vis-à-vis le cellulaire. Un véritable esclavage qui est en vigueur jusque dans les classes, dans les soupers entre amis et famille, jusqu’aux visionnements de films en groupe et aux  vacances. Dans ce monde d’adeptes, il n’y a plus d’espaces ou de moments sacrés; les occasions de s’engloutir tout entier dans la vie réelle et de mordre dans l’ici et le maintenant à pleine dent disparaissent devant l’insurmontable nécessité d’avoir le virtuel à portée de main. La hiérarchie se renverse et le virtuel devient plus réel, plus important, plus attrayant.

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Mon verdict fut simple : je serai un dinosaure et me priverai de bien de petites commodités, mais je n’exposerai pas ma liberté à la menace.

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