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Il était plus grand que nature

Il était plus grand que nature. Il était le soleil dans tes journées, les étoiles dans ton ciel, la cerise sur ton sundae. Il était plus grand que nature ; t’en n’avais jamais assez de lui. Peu importe à quel point une pièce était remplie, elle était vide sans lui. Il pouvait prendre toute la place que tu trouvais qu’il n’en prenait jamais assez : t’en voulais plus. Tu voulais qu’il t’étouffe avec sa présence, qu’il t’écrase avec sa présence, tu voulais être dans ses traces, tu voulais qu’il continue de t’impressionner over and over again. Tu voulais le savoir partout, le sentir partout. T’avais confiance en sa présence, en sa grandeur, en sa personne – si il était là, ça allait bien.

Il était plus grand que nature, fait que, le jour où il est parti, y’avait plus grand chose d’impressionnant ou juste d’assez. Le vrai soleil te faisait mal aux yeux, les étoiles se cachaient au moindre nuage pis, en vrai, tu n’aimais pas vraiment ça, les cerises sur un sundae. Tu retrouvais un peu de ce que tu étais réellement, en te demandant si tu l’étais vraiment. Tes projets étaient flous, les projets que vous aviez à deux n’étant plus.

T’en n’avais pas seulement que pas assez de lui, t’en manquais carrément. Tu pouvais passer des heures à te demander pourquoi il ne te textait pas, ce qu’il faisait, pour qui il était devenu plus grand que nature. Ici, tout était rendu vide : les pièces, tes yeux. Ce n’était plus lui qui habillait ta vie : c’était son fantôme et il n’avait pas tendance à te rendre heureuse. Il était plus grand que nature, fait que, quand il est parti, il a été remplacé par une absence plus grande que nature. T’avais perdu ton univers. Tu le cherchais partout, partout, partout. Tu cherchais une dose, un fixe de lui, y fallait que t’en ailles plus, qu’on t’en shoot dans les veines, qu’on t’endorme avec. Ça n’avait plus rien d’optionnel. S’il n’était pas là, tu disparaissais… du moins, c’est c’que tu croyais.

T’étais loin de t’imaginer qu’il partirait un jour, loin de t’imaginer que, ce jour-là, tu t’effondrerais. Tu n’avais pas cru tes proches quand ils te disaient qu’à ses côtés, tu t’effaçais, que tu devenais l’ombre de toi-même, que tu n’étais plus là – de moins en moins. Il était vraiment plus grand que nature et là, tu le sais. Tu l’as laissé prendre ta place et la place de tout aux alentours. Il a pris tout l’espace que tu lui laissais, même s’il t’appartenait.

Fait que, tranquillement pas vite, tu reprends ta place dans ta propre vie. Tu te permets d’exister, d’être plus grande que nature dans ton propre monde. C’était merveilleux de l’avoir être plus grand que nature à tes côtés, mais c’est devenu essoufflant. Tu n’en pouvais plus. T’avais le cœur qui se fracassait. À force de l’idéaliser, tu t’abaissais à n’être qu’une version pauvre de toi, en mettant de côté ce qui t’étais cher, ce que tu étais.

Quand il t’a repoussé, tu t’es finalement dit oui. Tu as finalement décidé que, plus grand que nature, y’a que toi et toi seule qui pouvait prendre cette place-là dans ta vie.

Quand il t’a laissé tomber, il t’a fait le plus beau cadeau : celui de te redonner le pouvoir sur ta personne. Sèche tes larmes et remercie-le.

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