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L’ami-rire

C’est difficile de se sauver du sérieux. Sur notre chemin, tout se présente à nous avec un gros nuage lourd de sens. Tout semble si gros : les arbres de nos obligations, les fleurs de nos responsabilités, l’herbe de notre devoir… Et évidemment, on vit dans un climat ben ensoleillé qui ne fait que les faire grandir, jour après jour.

Jusqu’à ce qu’arrive un jour de neige. Un jour de neige qui ne détruit pas, mais qui cache la nature quand la température devient trop dure pour elle.

Dans ma vie, le rire est ma neige.

Pis j’essaie de lui fournir l’air climatisé pour qu’elle ne fonde jamais.

On oublie parfois à quel point ça fait du bien de rire. On oublie le sentiment de liberté qu’occasionne notre folie présentée au grand public. On oublie la panique quand on n’est plus capable de s’arrêter de rigoler dans un endroit où on n’est pas totalement censé le faire.

Paraît que pour faire un monde, il faut de toutes sortes d’humains. Pis, pour faire une gang, il faut de toutes sortes d’amis.

Dont l’ami-rire.

Celui qu’il faut garder près de soi. Celui qui décore le quotidien de sacs à pets pis de clowneries.

Celui qui, même quand il est sérieux, fait rire tout l’monde à coups de maladresses attachantes.

Garder son ami-rire proche de soi, c’est vivre dans une petite boule en verre qu’il suffit de retourner pour que la neige tombe.

Mon cher ami-rire, je lève mon verre à tous les fous rires qu’on a eus et qu’on aura encore.

Au plaisir de se lancer des regards complices.

À nos maux de ventre qui ne sont même pas capables de calmer l’écho de nos cris de joie.

À nos larmes qui démaquillent le sérieux de nos visages fatigués.

Et au plaisir de rire encore et encore en se nourrissant du jugement des autres trop coincés.

Photo de couverture : Source

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