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PussyIlluminati, X-Rated Féminisme

PussyIlluminati, X-Rated Féminisme.

PussyIlluminati

Depuis le 7 septembre à la Galerie C.O.A, les œuvres collaboratives de Miss Me et Nastia Cloutier-Ignatiev sont visibles au grand public.

Une exposition aux couleurs de la chair, de la femme et de l’expression. Une ambiance franche où le spectateur noie ses yeux et son esprit dans tout ce que le corps et l’expérience des femmes ont de cru, de beau et de violent parfois.

Intitulée PussyIlluminati, en accord avec une démarche préexistante de Miss Me, l’exposition laisse voir en grand format et sans détour des vulves réelles de femmes qui ont, au bénéfice de l’art et du message, ouvert leur corps et leur vulnérabilité à l’objectif de Nastia Cloutier-Ignatiev.

Miss Me, autoproclamée artiste vandale, œuvre dans les rues de Montréal et du monde, face cachée, cagoulée en noir et auréolée de deux oreilles Mickeyèsques, armée de ses collages grandeur nature, de son pinceau de colle et de son franc-parler. Engagée dans la cause féministe, dans une optique prosexe et véritablement pour une libération des corps des femmes de l’emprise du complexe beauté-objet-sexualité, Miss Me n’hésite pas à se heurter à ses détracteurs. Son esthétique crayonnée – noire et blanche – superposée à des codes représentatifs résolument contemporains est immanquable. Ses interventions urbaines ne manquent pas de culot et poussent un peu plus chaque fois les limites des conventions. Elle a dernièrement, dans le cadre du festival UnderPressure, recouvert la façade de l’ancien cinéma érotique sur Sainte-Catherine de ses fameuses silhouettes féminines, accompagnées de punch-lines bien senties, à l’intention de la bien-pensance conservatrice qui voudrait enfermer les corps des femmes dans ces jolies boîtes au ruban aussi dangereux qu’un fil de fer.


« To be born with a woman’s body
is to bear an unsolicited burden. »


Nastia Cloutier-Ignatiev, quant à elle, crée des photographies au style léché, brillant, incisif dans leur saisie du détail, celui qui renferme l’essence d’une femme, quelles que soient ses particularités. On perçoit dans son travail un sens de la texture, un rapport organique à la peau, un effort éminemment féminin de rendre la beauté humaine dans son universalité. Ses clichés nous renvoient une lumière pure, blanche et presque irréelle; c’est une lumière dans laquelle elle aime capturer les couleurs de toutes les femmes, faire briller des regards et nous rendre à nous aussi un reflet de nous-mêmes parfois difficile à saisir. Sensualité, féminité et sexualité sont des thèmes récurrents dans les photographies de Nastia Cloutier-Ignatiev. Bouches, langues, mains, saisies dans l’immédiateté d’un moment de grâce, colorées avec précision et dans une gamme nous rappelant celle du corps humain.

Des vulves maintenant, des vulves blanches, brunes, rosées, des vulves poilues, épilées, parsemées, des vulves fines, gonflées, plus ou moins jeunes ou âgées. Nastia nous délivre avec brio des vulves diversifiées, rendant un hommage bien mérité à cette partie du corps féminin trop longtemps et encore aujourd’hui diabolisée ou sexualisée à outrance.

Humide, cosmique et intemporel, son travail voit ici un apogée dans cette volonté d’explorer le corps, le sexe féminin, ce qu’il représente dans l’espace visuel contemporain.

PussyIlluminati est à l’intersection même entre un art mouvant, fugace, éphémère, personnifié par Miss Me, avec une démarche artistique reposant sur le temps, la précision, l’usage du corps matériel comme matière première à la création. Deux univers qu’on ne mélange pas assez à mon goût, deux arts flamboyants au caractère communicatif qui rendent cette exposition encore plus forte à deux. A l’aide de son instinct de guerrière, de ses idées à la minute et de sa spontanéité, à force de collages, de paillettes bien placées, de mots empruntés à la langue des femmes dans leur quotidien, de son expérience en tant que femme et féministe, Miss Me a su dégager des photographies de Nastia Cloutier-Ignatiev toute leur force et leur vérité. Les œuvres, accompagnées des paroles des femmes à propos de leur rapport au corps notamment, ouvrent aux initiés et aux non-initiés une nouvelle porte vers la compréhension, vers l’échange et, je l’espère, vers un sentiment de puissance des femmes grandi.

Nous voulons des femmes grandes, fortes et empowered, avec ou sans poils sur la vulve.

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