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J’ai abandonné

J’ai jamais été ben du type à discuter. J’ai perdu patience et j’ai crié.

J’ai jamais été du type à rebrousser chemin. J’ai toujours continué à marcher bien droit tout en brisant mes pieds à coups d’ampoules.

J’ai jamais trop fait les choses à moitié. Habituellement, je commence pour finir.

Pis, il y a pas si longtemps, j’ai abandonné. Pas mal pour une des premières fois de ma vie.

J’me suis fait jeter des « C’est pas toi! », des « N’écoute pas et bats-toi! ».

Même moi, je me suis dit que j’allais sans aucun doute finir par le regretter.

Et les mois passent et, tranquillement pas vite, ils enfilent leur costume d’années.

Pis au loin, toujours pas de regrets.

Seulement une petite réflexion au bout de la rue.

Un message à la main, elle m’annonce que c’était une bonne idée d’abandonner. Mise à jour du système. On installe la résilience dans ma tête. De nouvelles applications s’en suivent.

Moins de stress, plus de calme. Moins d’appréhension, plus d’acceptation. Moins de tension, plus de sérénité.

La réalisation s’en mêle. À coups de cahier à la couverture « Never give up », de fond d’écran « Continue d’avancer », d’images proclamant « Reste toujours forte », j’ai réussi à me faire croire que c’était la seule option, me battre.

Dans ma tête, le contraire venait en ensemble rempli de honte pis de jugement. Tort jusqu’au bout des phrases.

À quel moment le mot « abandonner » s’est-il emprisonné dans sa connotation négative?

L’abandon est sain, le laisser-aller apaise, la résilience est une qualité. Elle est naturelle et fait partie du cours de la vie. Elle aide à accepter les épreuves et à les affaiblir, tout doucement.

Comprenez-moi bien, j’aurais jamais l’audace de dire qu’il ne faut pas se battre pour obtenir ce qu’on désire le plus ardemment. Cependant, j’ai l’honnêteté de dire qu’il faut bien choisir ses batailles. Il faut se battre par volonté et non par obligation.

Et à tous ceux qui pensent que je n’ai pas été fidèle à moi-même, je vous donne raison. Je n’ai pas été fidèle à qui j’étais et ce fut la plus belle décision de ma vie.

Le poids sur mes épaules a disparu, leur permettant ainsi de grandir et de voir encore plus loin.

Permettant à mes mains de réapprendre à s’accrocher et à mes yeux de cibler les bonnes cordes.

Cette fois-ci, de la bonne façon.

Photo de couverture : Source

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