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NOSTALGIE : party de sous-sol

Je suis plate. Je ne suis plus cette adolescente pimpante de jadis, qui traînait ses fausses cartes comme on traîne un trésor.

J’ai abusé des plaisirs nocturnes des bars, trop jeune, et aujourd’hui, du haut de mes petits 21 ans, je ne trouve plus le même plaisir à sortir au bar.

Je ne suis plus cette adolescente fébrile, dans la file qui ne finit plus, à attendre le moment où je saurai si ma soirée finira entre deux shooters de Sour Puss ou bien chez moi plus tôt que prévu. Le plaisir que j’avais à ne jamais vraiment savoir si j’allais réussir à rentrer dans le club ou pas.

Maintenant, pour réussir à me traîner au bar, ça prend une planification intense et un souper avec du bon vin. En plus de devoir gérer mon auto le lendemain, je dois m’arranger pour retourner dormir chez moi, parce que c’est vraiment moins drôle qu’avant de se réveiller dans le bain de l’appart’ étudiant miteux d’une collègue de classe.

Aujourd’hui, je vis la nostalgie des partys de maison. Ces soirées où tout pouvait arriver. Je vis une nostalgie pour les sous-sols de nos parents qu’on transformait en débauche le temps d’un vendredi sur deux. Ça commençait tôt et ça finissait à une heure convenable, du temps de qualité qu’on n’étirait pas jusqu’à des heures pas possibles.

Je m’ennuie de la fille qui pleure dans les toilettes, parce que Jessica a frenché Antoine plus tôt dans la soirée. Ou des choix d’alcool douteux, parce qu’on remplissait des bouteilles clandestines de restant de fort de nos parents qu’on mélangeait avec des jus cheaps. Je m’ennuie du gros sac de chips format familial qui circulait. Et du gars qui apportait une 24 que son frère lui avait sortie au dépanneur.

Ces soirées où les parents étaient en haut la plupart du temps, alors il ne pouvait jamais vraiment arriver quelque chose de grave. Je m’ennuie du chatouillement dans le ventre avant que les invités arrivent et des tonnes de maquillage qu’on s’appliquait « délicatement » sur le visage.

On pouvait avoir le pied dansant autour d’une playlist judicieusement choisie où y figuraient de multiples « succès » comme Low ou When I Grow Up.

Sérieusement, c’était le rêve. Pas de file, pas d’individus indésirables que tu ne connais pas, pas de drinks qui coûtent chers pour rien et un dancefloor où tu peux sortir tes moves les plus gênants.

Je troquerais toutes les sorties au bar contre une soirée dans un sous-sol chez les parents de ma voisine.

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