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Les « musts » lecture de l’automne

Ce qui est trippant avec la lecture, c’est que c’est patient un livre. Ça reste déposé sur le coin d’un meuble sans rien demander, comme ça, paisiblement, en attendant que tu lui reviennes. C’est pas pressé, c’est à l’écoute de tes envies. Même occupé, même en mi‑session, même en fin de session, même hangover, même nouvellement en couple, même quand t’es en froid avec tes amis, même quand t’essaie d’apprendre à jouer du ukulélé, même quand tu ré-écoutes abusivement Stranger Things. Même quand t’as pas le temps, le livre lui, il est là, il t’attend, il attend que tu prennes le temps, sans jamais t’en vouloir d’être parti. La relation parfaite non?

Voici donc 3 lectures toute simples, bouleversantes, à laisser sur sa table de chevet, en attendant d’avoir le temps, de prendre le temps, de lire un peu, de déposer, de revenir plus tard, pis d’être content de les retrouver. Trois lectures savoureuses (pas dix, pas mille, rien que trois, parce que je sais que t’es occupé) qui se laissent déguster à ton rythme (pis qui changeront ta vie), c’est tu pas le paradis ça?!

Roman

La déesse des mouches à feu, Geneviève Petterson

La déesse des mouches à feu c’est un récit tranchant narré par une héroïne-ado colorée et vulgaire. C’est un livre qui te plonge dans le gris de Chicoutimi, en plein cœur des années 90, et qui te laisse là, submergé, à ne même pas essayer de chercher ton air. Un roman qui ne lance pas de confettis, qui ne fait pas semblant, qui ne compte pas de mensonges. Un roman qui te donne une bière chaude dans les mains pis qui te laisse faire partie de la gang.

« Mes parents étaient d’avis que les filles de treize ans qui se tenaient à Place du Royaume étaient des petites putains. Mais ça l’air qu’à quatorze ans, c’était ben correct. Au centre d’achats, on viderait la moitié de la bouteille de Sunny Delight pour mettre de la vodka à la place. Véronique avait vu dans un film de détective à TQS que la vodka, c’est le seul alcool qui donne pas une haleine de boisson. »

Poésie

Fourrer le feu, Marjolaine Beauchamp

Fourrer le feu c’est un recueil de poésie qui fait regretter de ne pas lire plus de poésie. C’est une poignée de petits cris silencieux, une poignée d’histoires qui font pleurer pis qui font du bien. Un recueil intime, investi, inspirant, intimidant. Un recueil qui te sacre une « bine » en te donnant deux becs polis sur les joues. Fourrer le feu donne envie d’être femme, d’être invincible.

« C’était de son absence dont j’étais amoureuse. »

Essai

Luttes fécondes, Catherine Dorion

Luttes fécondes c’est un cadran qui sonne que tu peux pas snoozer, c’est un essai coup de poing qui fait sprinter les idées dans nos têtes sans leur donner de ligne d’arrivée. Un livre stimulant, simple dans sa complexité, mais surtout, tellement humain. Enfin un livre qui remet en doute les institutions établies qui congestionnent notre monde (l’égalité homme-femme, le couple, la famille). Et si l’amour ça ne tenait pas qu’à trouver l’homme ou la femme de sa vie, s’acheter un condo et faire des enfants? Et si aimer ne se vivait qu’au travers de nos passions-pulsions? Un livre qui pose toutes les questions qu’on avait balayées sous le tapis, enfin.

« Pourquoi vouloir être le seul et unique? Pourquoi t’en assurer jusqu’à fouiller secrètement dans mes courriels comme si tu étais de la NSA? Si je suis libre et que je suis mes désirs, tu me trouveras plus pleine, plus impressionnante, plus belle. Plus déstabilisante. Tu m’aimeras et me respecteras encore davantage. Pourquoi me demander de rendre les armes et d’abandonner la force que j’ai de te bouleverser? »

Bonne lecture!

Source photo de couverture

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