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Pourquoi j’aime lire?

Question tendancieuse déjà, pour commencer. Car tenter d’y répondre serait comme dénaturer mon rapport à la lecture, tenter de lui asséner une raison de vivre qui pour moi est aussi limpide que la vie même.

Souvenirs d’enfance, souvenirs de lecture; souvenirs d’adolescence, souvenirs de livres; souvenirs et présent d’adulte, lire comme une évidence, plus que jamais.

Plus exactes alors sont les questions que je poserais : comment lis-je? Comment ai-je développé ce lien avec la lecture?

Car c’est bien d’un lien qu’il s’agit ici, d’une union immuable entre mon esprit, mon corps et les mots.

Ce rapport aux mots, que je construis depuis l’enfance, il a d’abord émergé à travers la lecture. Une lecture régulière, diverse, un goût pour ce qui n’était d’abord qu’un passe-temps, transmis par ma mère que j’ai si souvent vue humidifiant le bout de ses doigts pour délicatement tourner les pages d’ouvrages que j’étais trop jeune pour lire.

Très tôt je choisissais mes livres, je pressais mes parents d’aller à la bibliothèque, collections que je me hâtais de dévorer une fois rentrée à la maison. À l’école, j’étais plus mitigée. L’éventail littéraire que l’on nous proposait n’avait pas toujours le panache que je cherchais, je les trouvais souvent poussiéreux, difficile à saisir, moi qui n’aimais rien plus que me plonger corps et âme dans un roman, oubliant le temps, me laissant doucement couler dans l’irrésistible flot des mondes de fiction.

Une petite tranche de vie plus tard, j’ai choisi de prendre les mots d’assaut, de les prendre comme ils sont, de les aimer fort, de les aimer moins parfois, de les pétrir, de les malmener, de sublimer mon monde en les faisant s’aimer, d’expier mes tourments en les jetant sur papier, mes mots et l’encre de mes stylos coulent, coulent, coulent et coulent sans s’arrêter.

Mais écrire sans lire pour moi est un non-sens. Les textes créés, imaginés par d’autres font office de nourriture pour mon âme. Ils m’aident à prendre le recul nécessaire pour ne pas oublier le poids des mots et la lourdeur du sens, ils stimulent mon imaginaire, me permettent parfois de m’enfuir de la réalité comme ils m’y ancrent aussi souvent. Mais par-dessus tout, les livres lus, aimés ou admirés me font me sentir vivante, partie intégrante d’une humanité belle à pleurer, vibrante d’émotion en changement constant, naissant et mourant par milliers à la seconde, recommençant sans cesse la boucle de la vie.

Pour moi, lire c’est accéder à l’expérience d’autrui, à un autre point de vue que le mien, c’est une fenêtre ouverte sur les possibilités.

Il n’y aura jamais deux fois le même livre comme il n’y a jamais deux fois le même coucher de soleil.

Et comme ceux-ci sont aussi une de mes choses préférées sur Terre, je vous invite à ouvrir un livre à l’heure où l’astre nous quitte, pour vous plonger avec lui dans l’immensité lyrique du monde et de ses mots/maux.


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