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Aujourd’hui, j’aimerais te parler de quand ça va mal

Aujourd’hui, j’aimerais te parler de quand ça va mal.

Il y a plusieurs raisons qui font qu’on va mal, dans la vie. Parfois, c’est nos relations ou bien notre emploi, notre futur, etc. qui nous préoccupent. Parfois, on ne le sait pas vraiment non plus. Tout ce qu’on sait, c’est que la vie est grise ; nos mouvements sont plus lents et le nœud dans notre œsophage rend difficile d’avaler. On a envie de pleurer, mais on ne le fait pas, parce qu’on se cherche une bonne raison. C’est difficile de s’admettre que, parfois, il n’y en a pas. On a mal, c’est tout.

Le monde dans lequel on vit ne nous aide pas : la société valorise la perfection, un monde de beauté instantanée, de faux bonheurs ; mais, quand on creuse un peu, on se rend compte qu’on a tous nos blessures quotidiennes, des maux qu’on accumule en silence jusqu’au moment où nos poches en sont trop remplies. On déborde, on ne sait pas quoi en faire. On ne le dit pas. On continue à faire comme si ça allait, on roule notre boule de tristesse intérieure jusqu’à être incapable de respirer. On se dit que ça va passer. On fait comme s’il s’agissait d’un rhume. Pas besoin d’aller voir le médecin : deux ou trois Advil et c’est réglé.

L’affaire, c’est que c’est plus facile de gérer les maux physiques. Au début d’un rhume, on prend tous un peu de sirop, on traîne des mouchoirs et on se dit de faire l’adulte, que ça ira – et, souvent, ça passe. Des fois, le rhume se transforme en pneumonie : on tousse nos vies, on a des maux de tête incroyables… et on fait ce qu’on est censé faire : on consulte. Quand on va chez le médecin et qu’il nous demande ce qui ne va pas, c’est facile de dire : « J’ai mal à la gorge, j’ai mal là. » On pointe une région, on se fait prescrire une médication et on se fait dire : « Bravo, tu as bien fait d’aller voir le médecin, avant que ça empire. » C’est plus nébuleux, avec les troubles psychologiques, avec les maux de l’âme. Les troubles mentaux, la dépression, ça fait peur. C’est incompris, parce que la réponse est rarement simple. On ne peut pas aller consulter et répondre franchement à la question : « Ça fait mal où? » La réponse, c’est souvent : « Partout. » C’est épeurant de se l’admettre, vu que ça semble énorme comme problème. Si j’ai mal partout, je commence par où?

Souvent, dans ces cas-là, on se tourne vers nos amis. On leur déverse un peu du trop-plein de notre vase de tristesse et ils le prennent comme ils le peuvent. Comprenez-moi bien, je ne dis pas que les amis ne sont pas bons pour nous aider à nous sortir de notre détresse, mais les amis, c’est comme des Advil : souvent, ça soulage, mais, parfois, ils ne sont pas assez forts, pas assez outillés. Parfois, ça prend plus que ça. Pis, la tristesse, c’est contagieux. Je suis une personne empathique : quand mes amis souffrent, je souffre aussi. Quand je ne peux pas les aider, je me sens coupable, je me sens inutile, je ne me sens pas assez. La tristesse s’étend alors dans nos vies et on la laisse faire sous prétexte qu’être triste, c’est normal et que ça passe tout seul.

C’est dommage, parce qu’on a des solutions. Il y a tellement de professionnels qui n’attendent que ça, la chance de nous écouter. La plupart du temps, c’est tout ce que ça prend : une oreille attentive et externe, quelqu’un qui ne vous connaît pas, mais de qui c’est le travail de vous aider, de vous poser des questions que vos amis ne penseraient peut-être pas vous poser. Des questions qu’ils n’oseraient pas vous poser, surtout. Souvent, le chemin de la guérison passe par les questions qu’on redoute de se poser. Le genre de questions qui nécessite une formation particulière pour apprendre à bien les formuler. Penses-y comme ça : tu ne demanderais pas à ton ami d’enlever ton appendice, non? Alors pourquoi lui confies-tu la tâche de te décortiquer l’âme, quand ça ne va plus? Il y a des professionnels pour ça. Il n’y a pas de honte à les consulter. Il y a tout sauf de la honte, en fait.

Exister, c’est la chose la plus magnifique et la plus difficile que tu ne feras jamais. On tombe, on s’écorche les genoux, on se casse un bras, on fait une mono. On a les preuves physiques de la dureté de la vie, mais les preuves émotionnelles sont là aussi : les peines d’amour, les échecs, les maux qu’on n’arrive pas à expliquer. C’est dur, la vie, mais, dès qu’on se donne le droit d’être imparfait, c’est déjà un peu plus facile – un peu plus beau, aussi.

Il faut changer nos mentalités. Aller chercher de l’aide. Admettre nos douleurs, admettre qu’on ne peut y arriver tout seul, ça ne fait pas de nous des êtres faibles : ça fait de nous des humains, ça fait de nous des êtres courageux.

Soyons humains ensemble ; soyons braves ensemble.

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