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Si toi aussi tu veux assister à un spectacle déjanté dans un autobus du RTC

Cette année, du 21 au 29 octobre inclusivement, se tiendra la 8e édition du festival de littérature Québec en toutes lettres. Ce festival québécois encore trop méconnu a beaucoup à offrir pour quiconque souhaite enrichir sa culture littéraire, mieux connaître l’histoire de sa ville ou tout simplement mettre à profit sa plume ou partager ses connaissances de ce vaste univers.

Gravitant autour de la thématique « écrire Québec », nombre d’activités variées s’offrent aux citoyens. Québec en toutes lettres s’imprègne en divers lieux types de la ville, tels que les bibliothèques et la Maison de la littérature, instigatrice du projet, pour ne nommer que ceux-là. C’est dans l’optique de faire rayonner la littérature sous toutes ses formes qu’est venue l’idée d’ériger ce festival qui, chaque automne depuis 2010, attire nombre d’adeptes et de curieux. Entre défis d’écriture ou de lecture et manifestations littéraires inusitées, il y a un choix d’activités très diversifié et en mesure de plaire de près ou de loin à tous les genres… et tous les âges. De plus, une majorité d’activités sont offertes en toute gratuité. Au cœur d’une programmation bien charnue, s’adonnent des productions moins conventionnelles, et sans doute très divertissantes et dynamiques!

C’en est définitivement le cas pour la pièce de théâtre Et si…, créée pour l’occasion, et qui n’a rien d’une pièce ordinaire. Lors d’un entretien avec Catherine Côté, membre du collectif littéraire JP-Escouade créative, j’ai pu discuter plus en profondeur de ce projet novateur duquel elle chapeaute la mise en scène. Le but avec Et si…? Sortir la littérature du livre en créant quelque chose d’inédit.

Entre autres choses, les visiteurs ne seront pas siégés dans une salle de spectacle… mais bien à bord d’un autobus du RTC. En vertu de la thématique du festival, les concepteurs ont pensé leur concept autour de la réécriture de Québec. Ceci étant dit, quatre auteurs québécois, soit Maude Veilleux, Alexandre Martel « alias Anatole », Érika Soucy et Maxime Beauregard-Martin, performeront leur texte se basant sur une « hypothèse » afin de réécrire la destinée de la ville.

Par exemple, et si… les Français avaient gagné la bataille des plaines d’Abraham? L’autobus fera quelques arrêts en des lieux emblématiques de la ville pour permettre aux conteurs de faire leur entrée, ou leur descente. Or, ce qui se devra d’être intéressant pour le spectateur, c’est la diversité des performances puisque tous les auteurs proviennent de genres très différents.

Afin d’assurer une stimulation garantie de l’auditoire, il y aura présence de guides pour animer et entretenir le public tout au long du parcours. Le but ultime étant de faire des citoyens de la vieille capitale des touristes d’un jour, en garantissant une expérience immersive et une belle proximité avec les auteurs.

Le concept vous charme autant que moi? À raison de 5 $ l’entrée, les prestations se tiendront les 28 et 29 octobre. Le premier départ est à 13 h 00, puis d’autres suivront chaque 30 minutes, le tout à partir de la Maison de la littérature et pour une durée d’environ 1 heure. Ne tardez pas à réserver votre place en téléphonant au 418 641-6797 ou en écrivant à info@quebecentouteslettres.qc.ca.

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Pour vous faire découvrir davantage Catherine Côté, voici deux questions que nous avons pu lui poser!

Peux-tu nous parler de ton parcours?

Comme disait un de mes professeurs au cégep, je suis une bête à deux têtes : théâtre et littérature.

J’ai fait beaucoup de théâtre au secondaire. J’ai même gagné la finale régionale de Secondaire en spectacle en secondaire 5 avec une de mes créations. Je disais que c’était du théâtre expérimental(!) et à la fin on était 5 à crier « La mort est sans bagage » en circulant à travers le public. Quand j’y repense, je trouve ça cute à’ mort. Mais ça avait quand même pogné.

J’ai ensuite étudié au Cégep de Limoilou en Arts et lettres, profil théâtre. Je faisais partie de la première cohorte. Une magnifique expérience de laquelle je garde plusieurs amis proches. J’aimais beaucoup mes cours du profil, mais j’ai vraiment eu un déclic dans mes cours de littérature et de philosophie : j’aimais donc ben ça apprendre et réfléchir!

J’ai fait mes auditions avec une amie dans les écoles de théâtre pour entrer en interprétation. Et ça n’a pas fonctionné.

J’ai ensuite commencé un BAC en littérature à l’Université Laval. Lors de la première année, la plupart de mes amis (les mêmes qu’au cégep) ont décidé qu’ils refaisaient leurs auditions en théâtre. Pour ma part, j’ai décidé de terminer mon BAC. J’aimais ça et, en plus, je savais que je partais faire une session en France l’année d’après. Durant mes années à l’université, ce qui m’a le plus passionnée, c’est la littérature québécoise. J’adorais comprendre l’histoire du Québec et comment ça se traduisait à travers différents thèmes et diverses formes dans les œuvres. C’est drôle parce que je me souviens qu’un de mes profs nous ait dit qu’une Maison de la littérature allait ouvrir dans les prochaines années. Et je me rappelle très bien avoir souhaité y travailler un jour.

Durant mon BAC, j’ai continué à jouer dans la Troupe des Treize à chaque session.

J’ai refait mes auditions en théâtre deux fois avant que ça ne fonctionne. Finalement, j’ai étudié au Conservatoire de 2012 à 2015. C’était là où je voulais être depuis le début, mais j’étais contente d’y entrer avec une plus grande expérience et maturité. Probablement les 3 années les plus intenses de ma vie.

L’année tout de suite en sortant, j’ai fait partie des Jeunes Programmateurs où j’ai rencontré les membres du collectif : on a eu un gros coup de foudre, alors on a décidé de poursuivre ensemble. On a du gros fun. Quand je parle du collectif, je dis souvent qu’on émet des fantasmes et qu’ensuite on travaille à les réaliser!

Je suis définitivement une comédienne (qui flirte de temps en temps avec la mise en scène). Mais j’adore m’acoquiner avec la littérature. Au théâtre, je suis extrêmement sensible au texte et, dans un spectacle littéraire, je suis extrêmement sensible à la théâtralité!

Peux-tu nous parler de tes inspirations?

Évidemment, notre première inspiration, c’est Québec : sa beauté, sa poésie, toute l’histoire de la ville qui est encore très présente lorsqu’on la parcourt. Mais aussi l’histoire du Québec, qui est intrinsèquement liée à celle de la Vieille-Capitale. On a voulu aborder l’histoire de la ville selon plusieurs aspects : culture, politique, social et climatique. On a choisi des contraintes d’écriture qui détournaient un fait historique qui selon nous avait été majeur ou signifiant dans la façon d’être au monde des citoyens (et souvent de l’ensemble des Québécois) de l’époque.

Au début, on voulait que le public puisse sortir de l’autobus pour que certaines performances se fassent vraiment dans le lieu visité, que la ville soit littéralement le décor. Pour des questions de logistique, il a fallu abandonner l’idée. Alors, on a décidé d’amener la ville dans l’autobus! La ligne directrice de la scénographie, c’est donc Québec : la Vieille-Capitale et la ville de fonctionnaires!

Puis, les auteurs qu’on a invités à faire partie du spectacle nous ont beaucoup inspirés : dans le choix des thématiques, le déploiement de l’univers et l’écriture de l’animation. Les quatre auteurs ont une sensibilité et une énergie très différentes les unes des autres et on a eu beaucoup de plaisir à trouver l’esthétique et la théâtralité qui allaient le mieux les mettre en valeur et servir leur texte.

Ensuite, l’idée du voyage (avec tout ce que ça comporte de découvertes, d’euphorie et de prises de conscience) nous a beaucoup inspirés. On s’est longtemps questionnés sur l’animation du spectacle. On savait qu’il fallait que ce soit un liant fort entre les auteurs et que c’est ce qui allait faire la différence entre une série de performances et un spectacle. On a eu l’idée de la visite guidée qui se transforme en voyage et, de là, toutes les idées qui nous habitaient déjà ont trouvé leur place. Je dois aussi dire que l’énergie de nos 3 merveilleux guides-animateurs, qui ont autant l’habileté de la comédie que la sensibilité du drame, a été un repère précieux pour trouver le ton de l’animation.

Finalement, notre amour pour la ville nous a aussi nourris et nous a poussés à prendre la parole à travers le spectacle. On s’est questionnés sur ce qu’on aimait moins de Québec pour réfléchir à notre façon actuelle d’être au monde.

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Profitez de votre présence sur le site web du festival pour prendre connaissance de la vaste programmation qui célèbre la littérature sous ses formes courantes aux plus méconnues; le tout dans une ambiance de découverte et d’ouverture. Même à l’âge adulte, les activités jeunesse semblent très pertinentes. L’intégration des Premières Nations, partie incontournable de notre histoire, est une belle manière d’approfondir nos connaissances et d’informer la jeunesse, par le biais de courts-métrages, de légendes ou de musique, sur ces peuples qui étaient là avant nous. L’art de joindre l’utile à l’agréable!

Le 26 octobre à 20 h se tiendra la nuit de la poésie, dans une ambiance branchée qui se promet d’être intrigante. Plusieurs activités se donnent sur plus d’une plage horaire durant les festivités, afin qu’il soit plus facile de se libérer de nos horaires souvent chargés.

Pour ma part, un tel festival vient amplifier les joies de l’automne où breuvages chauds, lecture et écriture s’intègrent allègrement au quotidien avec le retour des temps froids.

*Cet article est commandité par Québec en toutes lettres

Crédit photo: Éric Leblanc

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