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Notre examen de conscience collective

Les dernières heures ont été mouvementées dans la sphère médiatique québécoise. Le show business est ébranlé par les allégations portées contre Éric Salvail et Gilbert Rozon, mises en lumière respectivement par La Presse et Le Devoir. Le silence est brisé et les réactions sont fortes. On te partage l’opinion de quelques-uns de nos collabos. 

« C’est comme ça, avec de petits mouvements, de petites étincelles, que l’on allume de grands feux. Le #metoo, c’était ça. Redonner une voix aux gens qui se sont trop souvent tus. On se donne le pouvoir de dénoncer, dénoncer des situations qui ont trop souvent l’air anodines en apparence. Les malaises, les avances, le harcèlement. Pas besoin d’aller bien loin pour être témoin de tout ça; au boulot, dans les écoles, dans les bars – dans le milieu artistique. Il faut faire attention aux mots, aux gestes; la ligne est parfois mince entre l’acceptable et l’inacceptable. Et l’inacceptable doit être dénoncé dans toutes les sphères. La notoriété ne justifie en rien le silence. Il faut dénoncer. » – Annie-Claude Bergeron

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« C’est lourd. Je trouve ça déplorable que des gens, hommes comme femmes, fassent des choses juste parce qu’elles en ont le « pouvoir ». C’est facile de tomber dans l’abus de pouvoir quand on a moindrement de l’autorité sur la vie ou sur une facette (par exemple, la carrière) de la vie d’une personne.

Ce que je trouve davantage déplorable, et surtout triste, ce sont les commentaires des gens, principalement sur les médias sociaux, qui responsabilisent les victimes, qui doutent de leur histoire, qui les insultent, qui les remettent en question, qui disent qu’il ne s’agit que de campagnes de salissage. Tout ça sous le prétexte qu’« on l’aime donc, celui-là ». Comme si le fait d’aimer une personne excusait les actions qu’elle a posées. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, ces gestes demeurent répréhensibles et inappropriés.

Si tout ça, ce n’est pas la culture du viol, je me demande franchement ce que c’est. En tout cas, c’est pas beau certain. » – Florence Donati

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« Comment certaines personnes parviennent-elles à abuser de leur pouvoir au point de harceler sexuellement leurs employé.es? Qu’est-ce qui peut mener les gens à croire que montrer ses parties génitales en réunion de bureau est acceptable? À quel point ces vedettes du milieu se croient-elles inaccessibles, pour abuser sexuellement leurs employés, sans craindre les représailles? Ça me dégoûte. Je n’ai pas de mots. J’espère seulement qu’on continuera de les dénoncer et qu’un jour, plus personne ne dira #moiaussi, #metoo. » – Marie-Andrée Labonté-Dupuis

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« En tant que fille, en tant que sœur, en tant qu’amie, c’est certain que j’appuie et supporte toutes ces femmes qui on fait confiance à tort ou qui ont été au mauvais moment au mauvais endroit. Je ne peux m’empêcher de me demander, par contre, ne pouvons-nous pas faire plus que des hashtags? D’où part le problème?! Est-ce que c’est à la victime d’avoir peur? L’agresseur ne devrait-il pas craindre une répercussion? Ce n’est pas juste d’avoir à se priver d’activités ou simplement de craindre de rentrer à pied seule tard le soir. Que s’est-il passé entre les années des « chaperons » et aujourd’hui, avec les « hey, t’as des belles boules » criés dans la rue! Really? Nous avons la chance, de nos jours, d’avoir une voix, des communications, des médias sociaux! Servons-nous-en de la bonne façon! #çanechangerapassifacilement »- Stéphanie Lessard

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« Pour ma part, je dois déclarer un avertissement à la prudence dans les propos qui sont dits dans vos conversations de salon, de bureau, sur les médias sociaux et même dans nos têtes. Je modère mon opinion de la situation en me disant qu’on ne sait évidemment pas tout et que de juger ces gens est la responsabilité de la cour. Fort probablement coupables; ils seront punis par la loi. La place publique qu’ils occupaient n’est pas nécessairement l’endroit pour les châtier. J’ai (encore) la foi en la jurisprudence.

Je comprends ce qui cause une forte motivation de la population de vouloir punir ces gens : la confiance, l’appréciation, les liens qui ont pu être développés envers ces individus nous reviennent en un boomerang de la désillusion. On perd la foi en l’humain et ça, ça fait mal. Cependant, ce sont des personnes qui ont un entourage, qui, lui, n’est pas responsable des actes commis, mais qui subit les conséquences par la bande. Je suis soucieuse du respect de tous, au fond, autant les victimes et les entourages que les accusés. Je souhaite que l’essor médiatique demeure juste et objectif, mais c’est ici que je me trompe, malheureusement. C’est pourquoi je souhaite maintenir le cap du discernement.

Je valorise la déclaration des événements au grand jour, cependant, dans le respect de tous. Les commentaires pernicieux ne devraient pas être permis; il devrait y avoir davantage d’expression d’émotions comme « Je suis soulagée de savoir que les victimes auront du support », « Je trouve désolant que ces gens aient pu manquer de respect envers d’autres », « Ça me met en colère, l’appui de pouvoir », etc.

Comprenez-moi bien : aucun geste de harcèlement, d’abus, de violence, de médisance n’est acceptable. Et le silence non plus! J’espère qu’il y aura davantage de déclarations, puis de jugements rendus. » – Sarah Miller

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« Dégoûtée des actions posées, fière des gens qui ont dénoncé, choqués par certains commentaires, reconnaissante de tout le soutien face à ces victimes, mais pas surprise. Pas surprise de voir que l’abus de pouvoir et des personnalités narcissiques utilisent leur position dominante afin d’abuser des gens qui veulent percer. Oui, certaines jokes sont drôles, mais il y a des limites à ces comportements. Bravo à toutes les victimes qui ont brisé le silence. Bravo à ces survivants qui ne l’ont pas dénoncé, mais qui chaque jour vivent avec ces souvenirs troublants. » – Laurence Rivest

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C’est l’heure d’un examen de conscience collectif. Pis, toi?

Par la team de La Fabrique Crépue

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