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Tchekon : les Petites Paillardises Luxuriantes

Avec Vania, alias Tchekon, les choses vont vite. Ça trace, ça fuse, les couleurs comme les mots n’ont pas le temps d’être remis en question, les choses se passent ou elles ne se passent pas.

Si je vous parle de lui aujourd’hui, c’est parce qu’en voyant ses œuvres les plus récentes au bar SMITH dans Hochelaga lors du festival SoiR, j’ai su qu’il fallait que j’utilise ma voix pour participer au bouche-à-oreille, pour que plus nombreux soient ceux qui connaissent son travail.

Tchek. On est un mec libre, un gars qui a su se contenter d’une boîte de feutres en hiver parce que de toute façon le froid l’empêchait d’aller « graffer » dehors. Alors plutôt que de se les geler sous l’air glacial, il s’est mis à tracer des lignes arc-en-ciel sur un papier blanc comme la neige dehors. Je l’imagine le geste souple, pas de prise de tête, la clope au bec et la musique dans les oreilles. Et c’est comme ça que Les Petites Paillardises Luxuriantes sont nées.

Rapidement, résumons : Tchekon alias Vania dessine, bien, beaucoup, avec naturel et un œil résolument visuel. Entre l’école d’art et l’école de la rue, on ne sait pas vraiment comment il s’est formé, sûrement d’un savant mélange d’aventures et de rencontres qui le font tel qu’il est aujourd’hui : détaché d’un monde artistique codé, catégorisé et catégorisant, normatif et pas toujours fun. Vania/Tchekon aime se marrer, et par-dessus tout aime faire rire les autres; les pieds de nez, jeux de mots et d’esprit nourrissent sa réflexion artistique comme un fuel qui fait du bien.

  • Tchekon
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C’est exactement ce que sont ces paillardises, des pépites lumineuses et sucrées, fortes et simples dans leur représentation autant que dans leur symbolique. Au travers des lignes rainbow-isantes, Vania nous sert du mouvement, des corps, des êtres dans la toute-puissance de leurs énergies sexuelles qui se cachent dans un monde de lignes. Cryptées tout en souplesse, on discerne les formes comme des secrets pas si secrets, des tabous pas si tabous. Il le dit lui-même, avec une évidence dans le ton qui remettrait bien des radicaux à leur place : dans son travail, la sexualité est un prétexte pour montrer un bout de l’humain, un morceau de nos vies comme un autre et, en plus, pour ne pas me déplaire, c’est beau.

La luxure des Paillardises de Vania m’a touchée parce qu’elle ne prétend pas être autre chose que ce qu’elle est. Un gars qui joue avec des feutres, un homme qui « tripe » fondamentalement sur le fait de créer un truc nouveau, avec ce qu’il a sous la main, et si le résultat final lui plaît tant mieux. C’est un aplomb que je qualifierais de rafraîchissant, comme le sont ses œuvres qui méritent d’être observées avec des yeux d’enfant, sans trop d’interprétation, mais avec une forme d’ouverture à la sensation artistique, à l’énergie qui se dégage du fluide coloré, des flux corporels, des textures, des lignes, des courbes.

Voilà, ce que je conseillerais : rendez-vous le plus vite possible chez SMITH sur Ontario Est pour prendre une très bonne bière de micro-brasserie et laissez-vous charmer par les Paillardises. Acceptez la petite brise sensuelle des couleurs, puis partez la tête un peu plus légère.

Vania décrit plus en détail sa démarche sur son blogue ICI et partage un peu de ses pérégrinations sur Instagram (the place to be right?).

Quant à moi, j’attends avec impatience la suite de ses aventures, je veux du rainbow art, en veux-tu en voilà, du franc-parler et des lignes à la Tchekon.

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