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Vivre un conte de fées? Non merci!

Les contes de fées sont imprégnés dans nos mémoires. Et pendant longtemps, j’ai voulu vivre dans un de ces contes. Mais j’ai vieilli. Je ne veux plus vivre dans un conte de fées qui n’a absolument rien de merveilleux. Avez-vous prêté attention à la représentation des femmes dans ces contes? Que font-elles? Rien. Les femmes ne font strictement rien. Passives, elles laissent le prince, l’homme blanc par excellence, les sauver, les embrasser, les réveiller de leur sommeil éternel. Leur redonner vie.

Excusez-moi, mais je refuse ce rôle. Je veux être maître de ma vie. Être celle qui séduit le prince, l’homme de mes rêves, par ma personnalité et non pas seulement grâce à mon joli minois (oui, je parle de toi Blanche-Neige). Je veux qu’il soit assez intelligent pour pouvoir m’identifier grâce à mon visage, sans devoir mesurer mon pied à l’aide d’une chaussure (désolée pour toi Cendrillon). Je veux être capable de retrouver mon chemin dans une ville aussi dense qu’une forêt sans devoir compter sur un homme pour me guider. Je veux pouvoir avoir la force et la volonté de dire « non » aux inconnus. Et si ce « non » n’est pas suffisant (même s’il devrait l’être), je veux avoir la rapidité et le courage de fuir avant d’être tuée (comme dans La Barbe bleue), avalée (comme dans Le Petit Chaperon rouge) ou violée (comme dans La Belle au bois dormant, version de Giambattista Basile). Je veux avoir le courage de dénoncer. Je veux aussi avoir le droit de ne pas avoir la plus belle voix au monde (allô Ariel), de ne pas être la bonté et la gentillesse incarnées (coucou Cendrillon), ni d’être la plus belle fille du village (toutes les princesses!) pour que quelqu’un tombe amoureux de moi. Je veux aussi savoir que le mariage n’est pas la seule option possible à la réussite de mon bonheur.

J’adore les contes de fées : les gens chantent, tombent amoureux et le méchant est puni à la fin, ce qui n’est pas toujours le cas dans la réalité. Sauf qu’ils sont imprégnés dans notre imaginaire si fortement qu’on a de la difficulté à concevoir ne serait-ce qu’un autre récit que ce qui nous a été donné depuis notre enfance. Un récit où la princesse n’épouse pas de prince. Un récit où c’est la princesse qui part à l’aventure. Où c’est elle qui est maître de son destin. Ce n’est que très récemment que les contes de fées ont commencé à changer, à donner une voix à la femme. C’est grâce à des contes comme celui de La Princesse qui n’aimait pas les princes ou la réinterprétation de La Reine des neiges que les contes de fées évoluent tranquillement.

J’ai donc décidé de me créer mon propre conte : un conte dans lequel je choisis ma vie, mes études, mon travail, mes amis, sans attendre LE prince pour me montrer le droit chemin. Un conte qui n’est peut-être pas assuré de se terminer par un « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants… », mais qui me permet de créer ma fin heureuse de mille et une autres façons.

Source photo de couverture : Pixabay

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