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Réapprendre à dire « je t’aime »

Est-ce qu’à grands coups de peines d’amour, de larmes version marée haute et de portes qui claquent comme des drapeaux, c’est possible d’avoir l’amour qui baisse les bras, d’avoir l’amour qui give up, qui refuse de se relever de sa dernière dérape?

Dans un climat de relations intenses, mais à date d’expiration, c’est difficile de franchir l’étape de l’instantané et de l’éphémère avec quelqu’un, difficile d’alimenter le feu de camp plus que quelques nuits, plus que quelques dates.

C’est comme si l’amour avait changé de propriété combustible (je pensais jamais écrire cette phrase-là un jour dans ma vie pis me comprendre). C’est comme si au lieu d’être une bonne bûche qui brûle toute la vie, on avait maintenant l’amour en bois d’allumage. Vif, intense, flamboyant, mais vraiment pas pratique pour survivre une couple de jours en forêt mettons.

Est-ce que c’est notre façon collective de voir les choses qui a changé? Est-ce qu’en grandissant avec trop de « ils tombèrent en amour après être redevenus humains (ou après avoir retrouvé à qui appartenait la maudite pantoufle de ver-vert-verre-vair) ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps »,  est-ce qu’on a l’amour de désillusionné?

Personnellement, je crois que se remettre d’une peine d’amour devient de plus en plus difficile à chaque fois, et donc tomber en amour après est encore plus difficile que la fois d’avant parce qu’on a eu tellement mal. Avoir l’amour brisé, le cœur-porcelaine tombé une fois de trop sur le plancher de la cuisine.

Au-delà de l’amour, c’est notre confiance en l’autre qui se brise, et ça, ça prend du temps à reconstruire, à stabiliser. Le bois est rendu mouillé, l’amour peut plus pogner, c’est logique, demandez à n’importe quel scout il va vous le dire.

On veut donc croire aux amours en feux d’artifices qui ne finissent jamais, croire aux grandes histoires, aux rêves qui se partagent à deux. Mais je pense que peut-être que notre vision de l’amour est en train de se « pragmatiser », que l’amour est en train de devenir un jeu d’équipe plus qu’une joute entre deux participants (genre un match de tennis en double au lieu d’un match de tennis en simple ou toute autre comparaison sportive d’un sport d’équipe versus d’un sport un contre un).

Ça reste ça le but : trouver quelqu’un pour jouer dans son équipe. Quelqu’un qui fait des passes, quelqu’un qui score, quelqu’un qui est là pour nous rendre le meilleur joueur possible. Quelqu’un pour qu’on gagne ensemble (et non je parle pas d’OD, même si je pourrais en parler longtemps, surtout de Philippe).

Le but c’est la team, la force du nombre, le dépassement, l’adrénaline, le feu de camp éternel, le volcan actif et tellement doux.

Le but c’est de pas avoir peur de tenter le tout pour le tout, même quand ça fait peur, parce qu’on sait qu’on est pas seul. Et un partenaire comme ça, l’exact match parfait, je pense que c’est normal que ça soit pas si facile que ça à trouver.

On oublie pas comment dire « je t’aime », on oublie comment jouer en équipe, on oublie la force du nombre.

Mais c’est correct de prendre le temps, de faire le ménage du plancher de la cuisine pis de pu penser aux drapeaux chaque fois qu’on entend une porte se fermer. Vas y jouer dehors, jouer safe avec des choix qui font pas peur qui te donneront pas envie de finir tes jours en boule sous tes couvertes. Vas y faire des feux avec du bois d’allumage.

On va se croiser quand on va être prêts.

 Pis sans les peines d’amour, on aurait jamais eu droit à la chanson « et si je pleure dans la pluie tu n’y verras que du feu », fait que t’sais, y’a pas juste du mauvais qui ressort des abus d’Häagen Dasz (oui, je sais comment écrire Häagen Dasz sans avoir à le « googler », oui ça en dit long sur moi, des fois c’est ça).

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