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La péremption de notre relation

Minuit moins quart, le feu s’émeut au cœur du foyer, la pièce est habitée de sa faible lueur;
Et puis il y a ta présence.

Il te suffit d’entrer dans une pièce pour y refaçonner l’atmosphère.

La table massive en bois de chêne;
Elle impose à cette pièce sa lourdeur caractéristique.
Le velours vert émeraude de ma robe et puis tes yeux qui savent trop bien s’y assortir.

Tu t’assis devant moi.
Le malaise t’habite, et ce, même si tu essaies autant que possible de me le cacher;
Tu déplores l’inconfort de cette chaise, mais je sais bien qu’il ne s’agit que de ton propre inconfort de t’y trouver;
Cette pauvre assise n’y est pour rien.

Il faut parler.
Tu aimerais que je sorte de ta vie.
Je prends trop d’espace;
Tu me fais part de tes tentations minimalistes.
Il faut faire du ménage, voilà ton nouvel impératif.

Ma date de péremption est arrivée,
Tu t’es lassé;
Je ne suis qu’obsolète à tes yeux.

Tu fais une erreur, je le sais;

Toi aussi, mais pas encore.

Dans le placard derrière toi;
Le mot cafardise courtise le verbe aimer.
Il n’en fallut pas beaucoup pour qu’ils deviennent à ce point inséparables à ce qui se passait entre nous.

Je suis à moitié vide;
Je m’emplis de négativisme.

Ça me tourne autour.

Je plonge mes lèvres dans mon verre d’eau
Pour m’enfuir;
J’espère y trouver une porte de sortie.

Nous avons toujours ce réflexe;
Acheminer notre boisson à la commissure de nos lèvres;
Boire de façon frénétique;
Afin de faire taire nos propres malaises intérieurs;
Afin de se prédisposer à la parole.

Tu n’es que ça en fait;
Une tempête dans un verre d’eau;
Le seul problème c’est que j’y ai penché ma tête au complet.
Je m’y suis noyée.

De tes belles paroles;
Tu m’as paru plus grand que nature;
Par l’imposition de ton architecture;
Je n’attendais de toi que du monumental;
Du grandiose.

Ce soir, je te vomis;
De tout mon être.

Je te dirai que je suis incapable de mentir que je ne sais pas comment faire;
Afin de pouvoir mieux te mentir;
Afin de te faire croire que je coexiste à merveille avec ton départ.

Mais en fait, je ne saisis pas;
Peut-être fais-je une erreur en te laissant quitter ainsi.

Le carminé de mes lèvres estampées à mon verre;
Cette chaise maintenant vide qui demeurera synonyme de ta présence fantomatique.

Nous naissons tous juges des choses qui nous touchent. – François Poullain de la Barre

Source photo de couverture

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