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Papa, m’aimes-tu?

Papa m’aimes-tu?

J’ose croire que oui, naïvement peut-être.

Voilà maintenant plus de deux mois que j’ai décidé que c’en était assez. Assez de toute cette négativité, de tous ces commentaires malsains que tu fais constamment sur tous mes choix.

Ce jour-là, j’avais besoin de toi plus que jamais. J’étais à un moment de ma vie où les choses se bousculaient ; un moment où je me choisissais enfin. Les larmes qui coulaient sur mes joues auraient pourtant du transmettre le besoin que j’avais d’être épaulée et aimée, mais il faut croire que non.

J’avais besoin de toi, papa ; besoin de ton support, de ton réconfort et de me faire dire que ça irait bien. J’avais besoin que tu sois là pour moi, rien de plus. Tu m’as plutôt repoussée en me disant des paroles qui m’ont blessée et qui résonnent encore dans ma tête.

Tu es pourtant toujours là pour les autres, le cœur sur la main. Tu sembles avoir tant d’amour à donner, que ce soit à mes cousines, aux enfants de mes amies ou à quiconque en ressent le besoin.

Pourquoi cette source d’amour semble être épuisée quand vient mon tour? Peut-être crois-tu que je n’ai pas besoin de cet amour. Peut-être me perçois-tu comme une femme si forte qu’elle n’a pas besoin de l’amour de son père.

Longtemps, je me suis dit que tu m’aimais à ta façon et que tu étais tout simplement grumpy ; que tes commentaires malsains sur toutes mes actions et mes prises de décisions étaient une façon pour toi de me protéger ou de t’assurer que je fasse les bons choix. Avec du recul, je me dis que c’est peut-être pour ça que je suis toujours en dilemme pour la moindre prise de décision.

J’ai peur de faire le mauvais choix, de me tromper et de te décevoir encore une fois. Je suis épuisée de t’excuser de la sorte. Me dire que tu es comme ça et que je dois m’y faire.

En vieillissant, je me suis éloignée du négatif qui me grugeait inutilement de l’énergie et je n’y ferai pas d’exception.

Quand tu reviens vers moi, comme si rien de tout ça ne s’était passé, en me demandant des nouvelles d’untel, plutôt que me demander comment MOI je vais, j’ai de la peine. Ne sais-tu pas à quel point tu m’as blessé?

Aujourd’hui, j’ai envie de te dire que mon papa me manque.

Le papa qui n’était pas le plus démonstratif, mais qui savait utiliser les bons mots dans mes cartes de souhaits ou par ses actions. Le papa qui me ressemble et en qui je me reconnais. J’ai la chance, disons-le ainsi, d’avoir encore mon père à mes côtés et je n’ai pas envie d’attendre que la vie nous presse de vivre de beaux moments ensemble.

Papa, n’attends pas que la vie te rattrape. J’ai besoin de toi.

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