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Tomber en amour

Il pleuvait la première fois qu’on s’est vus, pis tu m’as prêté des vêtements parce que les miens étaient pratiquement ruinés par la température imprévue. Tu m’as payé le premier café, mais j’ai insisté pour t’offrir le deuxième. Pis, le troisième, on l’a pris à la table de ta cuisine, après une nuit assez mouvementée.

Depuis, c’est toujours ensoleillé.

On ne partage pas tout à fait les mêmes intérêts, mais on apprend tous les deux à aimer ce qui fait vibrer l’autre. Tes passions ne sont peut-être pas passionnantes à mes yeux, mais j’essaie de les voir avec tes yeux à toi. De toute façon, c’est ton enthousiasme qui me fascine.

On dirait un enfant qui découvre le monde. T’es bien le seul « enfant » que je trouve adorable.

J’en suis rendu au point où je réagis même à ton odeur et à ta voix. Littéralement.

Ton odeur, indescriptible, est toutefois identifiable parmi tant d’autres. Pis ton parfum imprègne légèrement la totalité de ce que je possède.

Même quand t’es pas là, t’es là.

Quand je t’entends parler, c’est plus fort que moi ; je frissonne et il y a une décharge électrique qui traverse tout mon corps. Que tu sois dans la même pièce ou non ne fait pas trop d’importance, parce que ça me fesse toujours autant. J’en tremble. Quand t’appelles mon nom, c’est encore pire, parce que je crois que jamais personne ne l’ait aussi bien dit. Pourtant, tu ne fais vraiment  rien de spécial.

J’ai une réaction physique assez forte, oui, face à tes mots, mais aussi au timbre de ta voix. C’est si doux, sans trop l’être. Je ne sais pas comment c’est faisable, mais, comme tout, tu arrives à le faire.

T’as laissé deux ou trois morceaux de vêtements chez moi, un peu comme un contrat stipulant qu’on allait se revoir, pis je m’accroche à ces morceaux comme à de belles promesses.

C’est une des premières fois où mon intérêt dépasse le niveau des quelques relations sexuelles. J’ai sincèrement envie de te revoir, pis pas juste pour défaire mes draps et explorer les quatre coins de mon matelas.

À chaque fois qu’on dort ensemble, j’accepterais de faire une nuit blanche, juste parce que j’ai toujours envie d’en savoir plus sur toi. Tu pourrais littéralement me parler de mathématiques, de jardinage ou de biochimie moléculaire, pis je trouverais ça intéressant.

Ton corps est une terre confortable que mes yeux ne peuvent quitter, juste par peur de la perdre.

Pis, quand t’es sur le point de partir, j’ai toujours envie que tu restes…

[Un peu plus longtemps]

Je suis en chute libre.

Source photo de couverture

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