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La journée où j’ai choisi de consulter

Ça n’a pas été facile. La journée où j’ai choisi de consulter, c’est aussi celle où j’ai dû admettre ma faiblesse. Celle où j’ai dû faire tomber mes défenses, car de toute façon, c’tait clair, j’y arriverais pas seule. Y’a eu la honte. Pourquoi moi? Moi qui avais toujours su performer, qui donnais de son temps pour aider les autres, qui connaissais à peu près tout ce qu’il y avait à savoir sur les théories entourant la psychologie. Moi, je n’arrivais même pas à comprendre ma propre tête. Pourtant, ce n’était pas la première fois que je jouais à la fine tricoteuse qui s’y connaît en fils entremêlés. Devant mon absence de compétences à comprendre ces nœuds, j’avais besoin d’un étranger pour faire le ménage, du moins pour me montrer par où commencer. Fait que j’ai appelé pis j’ai pris rendez-vous. Deux semaines plus tard, 8h45, suivis à court terme. Solide verdict de l’arrêt mort de mon orgueil. Quelquefois, j’ai pensé à annuler, trouvant mille et une excuses pour me dire que finalement, je n’avais pas le temps de me pencher là-dessus. De toute façon, qu’est-ce que je pourrais apprendre de plus que ce que je connais déjà? 40 000 hésitations plus tard, j’étais dans la salle d’attente. J’t’allée juste au cas… au cas où ça irait mieux après.

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Donc, jeudi, 8h45, j’déposais mes armes sur le pas de sa porte. L’armure retirée, je me sentais à nu devant tout ce que je ne comprenais pas. Ce monstre, j’allais l’affronter, mais cette fois-ci, je ne serais pas seule. La psy m’a donc accueillie avec la question la plus large de la terre. Ma réponse aurait pu comprendre un éléphant qu’ça aurait été normal.

« Raconte-moi : qu’est-ce qui t’amène ici ? »

Je pense que tu ne comprends pas. Il m’arrive tellement de choses que je ne sais pas par où commencer. Fait que j’ai laissé ça sortir. Ça sortait tout croche. Les nœuds dans ma tête devenaient réels et encore bien entremêlés. Le désordre dans ma tête prenait toute la place entre nos deux fauteuils. Pour enjoliver tout ça, j’y ai ajouté des larmes, des rires et un peu de ma colère. Tout avait sa place entre nous deux. En l’espace de 50 minutes, je me suis ouverte à ce que j’avais si bien cadenassé dans le fond mon âme. Avec l’étrangère dans la pièce, y’avait pu de place à la dissimulation et à mes tours de passe-passe auxquels j’étais habituée. Peu à peu, mon monstre me faisait moins peur. Les ficelles de ma pensée reprenaient douloureusement leur place. L’écoute de l’étrangère a su rembobiner la souffrance qui, 50 minutes auparavant, continuait de me dévorer. J’ai repassé le pas de sa porte. Mes vieilles armes, – déni, évitement, surpassement et silence – je les lui ai laissées. J’en avais pu besoin.

Le jour où j’ai choisi de consulter, c’est aussi le jour où j’ai choisi de me rebâtir.

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