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Je ne suis pas désolée

Je ne suis plus désolée. Je l’ai assez été.

J’étais la première à me sentir mal, alors que je n’avais même pas commis la faute. Tu me pilais sur le pied et m’empressais de démarrer le refrain pour que tu chantes avec moi : Je m’excuse, ben non c’est moi, non non JE suis vraiment désolée, voyons ce n’est pas de ta faute c’est de la mienne…  Ballades et balivernes, politesse instinctive et énergie gaspillée en quantité industrielle.

Aborder la vie comme si tout était de notre faute et dans un sentiment de culpabilité omniprésent nuit grandement à l’épanouissement et à la créativité. C’est comme essayer d’accélérer en appuyant sur les freins, dire oui en criant non dans sa tête, se faire un lunch santé et aller s’acheter de la malbouffe finalement, utiliser des sacs réutilisables et suremballer ses cadeaux de Noël… bref, c’est inutile.

Sans m’excuser pour ce qui n’en vaut plus la peine et en exigeant désormais davantage d’excuses méritées, j’arbore un enthousiasme particulier pour cette unapologetic vibe. Si j’ai à m’excuser, je le ferai, je prétends fièrement mériter la même chose. C’est si facile de dire « désolé » quand quelqu’un nous bouscule, c’est autre chose de réaliser que n’était pas à nous de prononcer ces mots…

Ainsi.

Je ne suis pas désolée si tu t’attendais à un « oui » et que ma réponse est « NON! ».

Je ne suis pas désolée d’être une femme.

Je ne suis pas désolée si les blagues racistes et sexistes me font réagir.

Je ne suis pas désolée d’avoir changé.

Je ne suis pas désolée de juger que tu me fumes au visage.

Je ne suis pas désolée de prioriser mon bonheur et ma santé mentale et physique.

Je ne suis pas désolée que notre amitié ait pris fin.

Je ne suis pas désolée qu’on soit devenu amis.

Je ne suis pas désolée de préférer rester chez moi et de me coucher tôt le samedi soir au lieu d’aller boire et sortir au bar.

Je ne suis pas désolée d’avoir changé d’idée finalement.

Je ne suis pas désolée d’aimer vraiment beaucoup les frites.

Je ne suis pas désolée de préférer la forêt à la ville.

Je ne suis pas désolée si je n’ai pas envie de souper avec toi et ton cellulaire.

Je ne suis pas désolée d’avoir des vergetures et un corps en constante évolution.

Je ne suis pas désolée d’avoir mes doutes et mes remises en question.

Je ne suis pas désolée d’insister pour que tu t’excuses.

Je ne suis pas désolée d’avoir foi en l’humanité.

Je ne suis pas désolée d’exiger mieux, toujours mieux.

Je ne suis pas désolée si j’ai envie d’être qui et ce que je veux.

Je ne m’excuserai plus à coup de grand salamalec, je ne me sentirai plus mal par « politesse ». Je ne suis pas désolée d’être qui je suis. Je n’ai pas à demander pardon d’être et de ne pas rencontrer les standards… Je ne me sentirai non plus pas mal de les critiquer et de tenter de les renverser à ma façon.

Et si on s’excusait moins et on agissait plus? Je ne suis pas désolée, j’agis.

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